L'abbé Voinier; voir plus haut, p. 96, note i
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plut autant que le premier. Il en choisit quatre dont il prit les noms pour les faire approuver, et deux pour prêcher. Il eut la bonté de jeter les yeux sur moi pour l'une et l'autre fonction et, me confiant en Dieu, je ne refusai pas. Il fit donc venir les approbations, qu'il demanda lui-même, et qui furent accordées sans difficultés et sans réserves. Pour lors, il fallut travailler.
Je laissai commencer celui qui était désigné avec moi pour prêcher ; ce qui me donna un mois pour me préparer. Mais, quand mon tour vint, je tins la chaire pendant six semaines, parce que je débitai un sermon en trois séances et il en aurait pu occuper quatre, puisque le premier dura trois quarts d'heure, ce qui était beaucoup trop, à cause de la rigueur de la saison : c'était au mois de décembre et de janvier du gros hiver. J'avais commencé un second sermon, mais je n'en débitai que la première partie, pour les raisons que je dirai dans la suite. Ce discours était sur la Providence de Dieu.
Pendant ce temps, une grosse commerçante des Pays-Bas, qui était émigrée avec son mari et ses enfants, me donna une certaine quantité considérable de messes à acquitter. Elle demeurait vis-à-vis de ma chambre, et venait quelquefois me parler de ses affaires. Un jour elle me
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proposa de disposer à la première communion une jeune fille qu'elle avait, de l'âge d'environ dix ou douze ans. J'y consentis et lui dis qu'elle pourrait me l'envoyer quand elle jugerait à propos. Elle commença à venir dès le lendemain, mais je ne pus pas encore achever ce bon ouvrage. Une autre bonne fille, servante d'un curé, demeurait aussi dans la même rue que moi. Elle s'offrit à me blanchir et à me raccommoder. De tout côté et pour tout, j'étais comme entouré de toute la tendresse de la divine Providence.
J'étais toujours très bien chez mes hôtes. Le boulanger avait un grand garçon à qui je tâchais d'apprendre quelques mots de français. La mère y fut si sensible que, voyant que je ne voulais pas venir à trois heures pour prendre le café chez eux, elle le faisait faire exprès après dîner, afin que je pusse le prendre, et nous le prenions en famille.
Les jours que je prêchais, je ne voulais pas dîner, car c'était vers trois heures qu'il fallait monter en chaire. J'avertissais mon hôtesse, épouse du maître boutonnier, de me donner du café pour mon dîner, et elle ne manquait pas de me le tenir prêt. Toutes ces bonnes gens venaient à mes sermons comme s'ils eussent entendu le français, et me montraient autant de satisfaction.
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lorsque j'allais chez eux, que si j'eusse été un des leurs. Je voyais de temps en temps le vénérable curé de la paroisse, et les IIU. PP. Jésuites. Ils me recevaient avec bonté ; ils auraient désiré me rendre service, mais le bon Dieu m'avait si bien pourvu que je n'eus pas besoin de leur protection.
Je ne restai que quatre mois dans cette ville oîi je passai le gros hiver. Les Messieurs Varin, qui m'aimaient beaucoup, me dirent qu'ils étaient disposés à partir parce que les Français, étant déjà en Hollande et attaquant pour lors Mayence, nous pourrions fort bien être coupés et ensuite ne savoir où aller, et me demandèrent si je voulais les accompagner. Je balançai plusieurs jours. Enfin ils me prièrent de me décider, parce qu'ils ne voulaient pas retarder davantage. Je reculais toujours jusqu'à ce qu'ils me firent, pour ainsi dire, une dernière sommation. Alors je cédai ; nous fixâmes notre départ au vendredi suivant, qui était le six de février ',
J'allai avec eux chercher un certificat de M. le curé et un autre de mon charitable magistrat qui m'avait fourni mon souper tous les jours. Je les remerciai l'un et l'autre. Ils firent ce qu'ils