‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 76 sur 148 · DE BAVIERE EX SAXE · texte numérisé non relu

DE BAVIERE EX SAXE

Nous y fûmes assez mal logés chez un protestant qui était dur. A force de paroles douces, il s'humanisa un peu. M. le curé de Chalaines fut indisposé là, ce qui fît que nous y demeurâmes un jour.

Deux de la bande firent un tour de ville et louèrent une A^oiture dans laquelle nous partîmes le lendemain matin. Nous mîmes quelques jours à traverser la moitié de la Saxe, et nous fûmes et mal logés et mal nourris, parce qu'il y avait tant de prêtres français qui avaient pris la même route, que, presque tous les jours, le soir, nous nous trouvions vingt, trente dans la même auberge. Il nous fallait donc coucher sur la paille; trop heureux quand nous avions pu avoir une soupe ou des pommes de terre et du pain. Avec cela, il fallait porter le sac et marcher par les grandes chaleurs de l'été. Il est vrai que deux de mes confrères, MM. les curés de Chalaines et de Champougny, qui n'avaient rien à porter, me rendirent de très grands services et portèrent alternativement mon sac au moins la moitié du chemin.

A force de marcher, nous découvrîmes enfin, à peu près à une lieue de distance, la ville de Dresde, capitale de la Saxe, située dans un très beau bassin. Comme c'était le premier terme de

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notre voyage, nous en fûmes fort réjouis. Nous y arrivâmes et, à la porte, on nous arrêta. Il fallut montrer nos passeports-; on les examina. Ensuite on nous donna un soldat qui nous conduisit jusqu'à la seconde porte qui est presque à un quart d'heure de la première. Là on nous fit entrer dans le bureau de consigne. On nous y fit attendre longtemps. Après avoir de nouveau examiné nos passeports, on nous accorda la permission de demeurer seulement trois jours et, au lieu de nous laisser entrer à la ville, on nous conduisit dans une auberge du faubourg qui était tout près. On parla à l'aubergiste pour nous tenir pendant ces trois jours, mais pas davantage. Nous déposâmes nos sacs tous dans la même chambre. Il en vint encore après nous plusieurs autres; en sorte que nous étions douze ou quatorze dans cette chambre où nous mangeâmes, et 011 le soir on étendait de la paiUe qui nous servait de litière. Il s'y trouva entre autres un conseiller du parlement de Metz qui était si pauvre qu'il n'avait pas pour payer. Il sollicita dans la suite une place à l'hôpital où il mourut quelque temps après.

Dans 1o temps que nous arrivâmes, il y avait quatre ou cinq cents prêtres français, et il en arrivait encore tous les jours. Pour aller dans

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