L'abbé François Lauront (voir p. lo3, note
aurait bien désiré avoir sa voiture pour nous faire conduire, mais cela n'était pas possible. Nous partimes vers trois heures, conduits par notre jeune confrère, et, après qu'il nous eut conduits pendant une heure et enseigné le reste de notre chemin, nous le quittâmes, et vînmes coucher à une ville nommée Mouchina'.
En Pologne, on ne trouve dans les auberges ni nourriture ni lits. Aussi les personnes qui voyagent mènent avec elles leurs provisions et leur couchage. Comme nous n'avions ni les uns ni les autres, nous fumes si mal que nous ne pûmes pas même avoir des œufs. Nous fûmes obligés d'aller acheter chacun un pain à demi cuit, que nous mangeâmes pour notre souper avec un peu de viande qu'un Monsieur, qui avait fait faire sa cuisine par son domestique, nous donna, et nous couchâmes sur la paille. Le lendemain, nous partîmes de bon matin et nous arrivâmes à Posen vers les dix heures après avoir fait près de cinq lieues.
Nous entrâmes dans cette ville par un petit sentier, pour ne pas être arrêtés à la porte. Nous allions de côté et d'autre sans savoir où nous allions, dans l'intention pourtant de trouver