L'abbé François Laurent
Ey POLOGNE 193
notre confrère de sa bonne fortune; nous convînmes que nous resterions encore le lendemain pour dîner, mais pas davantage. Le lendemain, M.. Connesson en prévint le prince, qui y consentit, en nous invitant à revenir. Après le dîner il fît mettre des chevaux à une voiture, et nous fit conduire à Bioche.
Je racontai ma trouvaille à M. le comte et à Mme la comtesse, qui n'en parurent pas émerveillés. Nous couchâmes chez eux et, le lendemain, ils nous donnèrent une voiture pour nous conduire jusqu'à Posen, et M. le doj^en de Posen nous en donna une qui nous remit dans notre village. J'entrai enfin dans la chambre qu'on m'avait préparée et d'abord je m'y déplus. Cependant je tâchai de prendre le dessus. On avait là beaucoup d'égards pour moi. La dame me témoignait le plaisir qu'elle avait de m'avoir, et je peux dire que j'étais bien. Cela dura environ un mois. Mais quelque occasion que j'eus de parler morale commença à me mettre mal dans l'esprit de certaines gens. Ce que voyant, je pris le parti de remercier la dame, et je me retirai chez mon bon curé, où je ne restai que deux jours, parce qu'il arriva encore une signification de la part du commissaire de district d'avoir à partir, puisque je n'avais pas de permission de rester dans le pays.