‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 93 sur 148 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

(Fin novembre — décembre 179B).

DÉPART DE POLOGNE. = l'ÉVÊQUE UE POSEN. = REFUS DE PRÊTER SERMENT DE FIDÉLITÉ AU ROI DE PRUSSE. = LA VILIîE DE POSEN. = AU CHATEAU DE MOUCHINA. = LE GROS PAPA DE BONNE MINE. = GÉNÉROSITÉ DU SEIGNEUR D'OSSIAC ET DE SON FILS. = EN COSTUME POLONAIS. =^ LISSA. = FRAUSTADT.

FATIGUÉ de tant d'obstacles et de tant de courses, d'ailleurs souffrant de me voir si éloigné, je dis à mon compagnon, M. Gobert : « Voyez ce que vous voulez faire; pour moi mon parti est pris de me rapprocher, et de retourner à Eichslâtt; si vous voulez y revenir, nous partirons ensemble ». Il y consentit bientôt, d'autant plus qu'il n'avait point de permission de rester dans le pays, non plus que moi. Nous annonçâmes notre résolution à notre bon curé, qui nous plaignit beaucoup de voyager dans un temps qui commençait à devenir dur. C'était au mois de novembre, et nous parlions défaire à peu près cent cinquante

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lieues. « La Providence viendra à notre secours », lui répondis-je. Nous le remerciâmes de sa charité envers nous, et le lendemain, fin de novembres il nous fit conduire en voiture jusqu'à Posen, nous ayant recommandé d'aller voir Monseigneur l'évêque de cette ville, pour lequel il nous donna une lettre.

Nous quittâmes donc ce charitable curé, et nous vînmes faire nos adieux à ce doyen bienfaisant de Posen qui nous avait rendu tant de services. Il nous admit de nouveau chez lui; il n'était pas d'avis que nous quittassions le pays. « Si vous voulez aller à Varsovie, nous dit-il, j'y ai des amis, je vous donnerai des lettres pour eux, et je suis bien sûr que vous en serez bien reçus. » Il nous proposait là de nous éloigner encore de soixante et dix lieues de plus. Je le remerciai, et lui dis que j'aimais beaucoup mieux me rapprocher. Puisque Varsovie était sous la même domination, nous essuierions probablement les mêmes difficultés. Nous allâmes ensuite rendre nos hommages à Monseigneur l'évêque qui était un ancien Jésuite, mais de grande famille de Pologne. Nous lui remîmes la lettre de notre curé ; ce respectable prélat nous reçut et nous parla

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