‹ Journal d'un prêtre Lorrain, pendant la Révolution (1791-1799);Chapitre 98 sur 148 · u séminaire Saint-Claude de Toul · texte numérisé non relu

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chambre qu'il avait. Je l'acceptai bien vite. Il en prévint la personne chez qui il avait cette .chambre; on m'y monta un lit et je l'occupai dès le lendemain moyennant deux gros écus que je donnai pour me chauffer tout l'hiver et le paiement du lit que je donnais tous les mois.

L'homme chez qui je demeurais était au service d'un seigneur polonais qui allait souvent chez la princesse CzartoryskaS fille du prince Jablonowski qui nous avait si bien reçus en Pologne. Par son moyen je fus introduit chez cette princesse qui me fit quelque cadeau et qui m'invita à dîner à peu près une fois par mois. J'eus une pareille invitation chez M. le curé du princeélecteur et une troisième chez un des confesseurs de la cour.

Comme, à raison du grand nombre de prêtres français qui étaient encore à Dresde, nous ne pouvions dire la sainte messe dans la grande église que quatre ou cinq jours l'un, j'allai voir le révérend Père qui était directeur de la Maison de fondation, que j'avais déjà vu à mon premier passage à Dresde, et je lui demandai la permis-

1. La princesse, Dorothée Jnblonowska, née on 1760, morte à Rome en 1844, mariée au prince Joseph-Clément Czartoryski, descendant de la branche de Korec. Ce prince Joseph a beaucoup fait en Pologne pour le développement de l'industrie et de l'a"-riculture.

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sion de venir dire la messe tous les dimanches et fêtes à six heures du matin, pour la commodité des personnes qui communiaient à ce moment, et il y^ consentit. Je lui demandai encore de venir les jours ouvriers à mon tour, qui revenait dans cette chapelle tous les deux ou trois jours. Il y consentit encore. Enfin, comme ceux qui disaient la messe dans cette chapelle, ou partirent, ou se retirèrent ailleurs, j'obtins enfin la permission de dire la sainte messe tous les jours. Il me fallait faire un grand chemin et souvent avant le jour, pendant l'hiver. N'importe, le bonheur valait bien la peine.

J'en étais là, lorsque j'appris que mon bon ami, M. le supérieur de Saint-Claude*, n'était qu'à environ dix lieues de nous. Comme il sut aussi que j'étais à Dresde, il écrivit à M. Dupont et à moi pour nous engager à faire réimprimer le petit office qu'il avait composé autrefois pour nos bienfaiteurs et dont la troisième édition était épuisée. Nous nous chargeâmes de la besogne et, l'ouvrage étant fini, nous le lui envoyâmes. Je lui écrivis en même temps et lui témoignai le désir que j'aA'ais de me réunir à lui. Il me répondit que je demandais une chose difficile; que lui-même

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