‹ Journal d'un spahi au Soudan, l897-1899Chapitre 31 sur 37 · octobre. — Khati · texte numérisé non relu

octobre. — Khati

Je dois attendre ici trois jours le départ d'un convoi.

Khati est en voie de transformation ; on veut en faire la capitale du Soudan et de vastes constructions en briques s'élèvent de tous côtés: palais du gouverneur, du génie, bureaux, cercles, etc. ; il y a ici près de deux cents Européens et j'y retrouve d'anciennes connaissances, entre autres mon ancien maréchal de logis-chef de Yélimané.

Celui-ci, maintenant, étudie la culture, afin de s'installer comme colon, dès qu'il aura terminé son rengagement; malheureusement, il est à la recherche de fonds, mais le bailleur rêvé est difficile à trouver. . . ; depuis longtemps au Soudan, il a renoncé à toute idée de retour en France et mène corn-

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plètementlavie indigène ; il a même épousé une femme du pays, M"^® Fatou, et en a eu une petite fille, jolie comme un amour, le teint à peine bruni, les cheveux blonds frisés, les yeux bleus superbes ; il habite un vrai taudis, infesté de singes, de chiens et de servantes de son épouse.

Un matin, je vais partager son déjeuner et il me montre une lettre du Gouverneur, qui encourage ses projets ; il pense s'installer dans le haut Niger, car on parle de créer un chemin de fer dans cette région ; dans ce but il ira bientôt à Timbouctou et parcourra le Sud pour étudier le pays.

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