Voir plus haut, p. 49, note
2. Le poète Thomas Parnell a en effet très vaguement imité, dans les six vers que cite Sir Dean Paul, un passage du Pervigilium Veneris, généralement attribué à Catulle. Cf. entre les vers 70 et 75 de ce poème, un peu après levers célèbre : Crcis omet qui nunquam amavit, et un peu avant celui qui n’est pas moins connu : Nec Ceres, nec Bacchus absunt .
DESSINS A VENDRE. — LE JARDIN DES PLANTES. — LES GOBELINS, — LA FANTASMAGORIE DE ROBERTSON.
17 août.
Un artiste avec lequel j’étais en relations et que j'avais rencontré par hasard à Paris, m’avait donné rendez-vous pour aller chez un vieil officier français qui désirait tirer parti d’une collection de dessins. Je trouvai mon homme à un troisième étage, dans un méchant et sale appartement ; il était extrêmement poli, mais plus sale encore que sa maison. Après avoir passé en revue une multitude de dessins sans intérêt, parmi lesquels je n’en trouvai qu’un seul à ma convenance, je fus dédommagé par la vue d’un autre dessin, mais bien vivant, celui-là. C’était Madame elle-même, la femme de Monsieur l’officier. Elle était en tout, sauf pour la politesse, le contraire de son mari et elle me parut jeune, élégante et gaie. Nous entrâmes bien vite en conversation : elle me dit qu’elle avait une course à faire dans un quartier éloigné, et que la chaleur lui était bien pénible; je ne pus résister au plaisir de lui offrir de l’y faire conduire et je l’accompagnai jusqu’à ma voiture. Mais quand je voulus remonter chez mon vieil ami, les couloirs s’entrecroisant, je perdis mon chemin, et mon
JOURNAL D’UN VOYAGE A PARIS
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absence se prolongea pendant un temps cpii eût éveillé les soupçons d’un sot et bouillant époux anglais ; mais mon Français si poli me parut se placer bien au-dessus de tout cela.
De là, nous allâmes, mon ami et moi, au Jardin des Plantes qui est fort vaste et tout à fait magnifique ; je me lamentais de ma complète ignorance de la botanique, qui me privait d’admirer, si j’avais eu la compétence nécessaire, l’ordre et la perfection de ce grand jardin national. On nous apprit qu’il s’y trouvait un spécimen, toujours parfait, des plantes et des fruits du monde entier. Il y a aussi une belle collection d’animaux vivants, de toutes sortes, très beaux et très bien portants. Les pauvres bêtes qui venaient des pays du Nord, souffraient atrocement de la chaleur, surtout un ours blanc, qu’un homme était constamment occupé à inonder de seaux d’eau, pour l’aider à supporter sa triste situation.
La chaleur était si intense que nous ne vîmes pas, et loin de là, ce que nous aurions dû voir, et que nous ne pûmes donner à ces nombreuses curiosités, l’attention qu’elles méritaient.
Ap rès cela, nous nous rendîmes aux Gobelins; il était malheureusement entre midi et trois heures et nous ne vîmes pas les ouvriers au travail ; à tout autre moment, avant ou après, la manufacture est ouverte au public. Plusieurs tapisseries terminées nous plurent beaucoup, et j’avoue qu’elles ressemblaient prodigieusement à des peintures ; mais somme toute, elles leur sont très inférieures, et c’est pour cela qu’elles m’intéressent beaucoup moins1.
i. Jolm Carr, lui non plus, ne manqua pas de visiter le Jardin des plantes et les Gobelins. ( Voyage , édition Babeau, p. 1 85-i86.)