DE BOULOGNE A CALAIS
25 août.
Après une bonne nuit de repos, nous ne nous levâmes qu’à dix heures du matin ; l’étape suivante devait être très courte, et nous savions qu’il nous serait impossible de nous embarquer le soir même à Calais.
J’avais été très sensible au grand changement survenu dans la température; j’étais absolument gelé, et je souffrais d’un violent mal de tête. Vers trois heures, nous arrivâmes à Calais, assez tôt, heureusement, pour nous rendre au Bureau des passeports. Après quatre heures, en effet, il n’y a plus rien à faire jusqu’au lendemain matin, à neuf heures.
Nous touchions à la fin de l’expédition, et, en vrais Anglais, nous aspirions du fond du cœur, au moment où nous pourrions revoir les blanches falaises d’Albion.
L’hôtel Quillac 1 nous parut bien mieux que la première fois. Assurément, on ne saurait lui comparer pour le confort, aucune des auberges de la route ni aucun des hôtels de Paris ; mais je trouvai cet endroit si agréable, que je recommande aux voyageurs anglais
. Voir plus haut, p. i3.
Il8 JOURNAL D’UN VOYAGE A PARIS
qui désirent avoir de lu France une bonne impression (bonne impression, donnée réellement par Calais), et qui veulent y vivre confortablement, de passer quelques jours à Calais, même s’ils n’ont pas le loisir de pousser leur excursion plus loin.
Désirant débarquer à Ramsgate, nous louâmes un bateau français, les bateaux anglais n’étant pas autorisés à repasser les voyageurs1. Il fallut payer vingtquatre guinées (le bateau était pour nous seuls), et on nous recommanda de nous tenir prêts à partir, le lendemain, à dix heures du matin.
i. Voir plus haut, p. 9, note 1.