‹ Journal d'un voyage à Temboctou et à Jenné, dans l'Afrique Centrale, précédé d'observations faites chez les Maures Braknas, les Nalous et d'autres peuples; pendant les années 1824, 1825, 1826, 1827, 1828: (volume 3)Chapitre 21 sur 51 · IV · texte numérisé non relu

IV

DE QUELQUES RESULTATS DU VOYAGE DE M. CAILLiÉ.

De tous les résultats que l'on doit au nouveau voyage , celui qui excite sans doute le plus la curiosité est la connaissance de la ville de Temboctou; mais, pour la géographie , le plus important peut-être était le cours du grand fleuve central. Quoique M. Caillié n'ait pu le connaître au-delà de Temboctou, il a rendu un service réel à la science, puisqu'il nous décrit ses

(i) Voyez, dans le S V ci-dessous, plusieurs autres remarques sur la nomenclature.

2 5/i REMARQUES

rives avec des circonstances détaillées, depuis Djenné jusqu'à cette ville , et nous donne une idée de ce même cours au-dessus de Djenné. En le traversant à Gouroussa et s' avançant à plus de deux cents milles anglais ( en ligne droite ) dansl'Ë. , puis marchant jusqu'à Djenné sur la rive droite, il a fourni le moyen de conclure qu'il n'existe point là de rivière parallèle au Dhiolibâ, comme on l'a tracé sur les cartes. Le fleuve reçoit au contraire de ce côté des affluens assez nombreux, dont l'importance annonce une source éloignée*. Nous voyons aussi, par la description, que les deux rives du fleuve, peu après Bamakou, sont trèsdécouvertes , et que la pente en est modérée , ce qui explique l'existence de vastes amas d'eau, dont le lac Débo ou Dhiébou est le plus considérable. Quelque idée que l'on eût de la présence d'un lac dans cette partie de l'Afrique, on était dans l'ignorance de sa position, de son vrai nom, de sa forme et de son étendue. Les îlots auxquels notre compatriote a cru pouvoir donner un nom, seront peut-être un jour des points remarquables. Leur occupation suffirait pour intercepter la navigation supérieure ou inférieure, rendre maître du fleuve, et par conséquent influer sur le commerce de l'Afrique intérieure; com-

(i) Sur îa rive gauche , le Tanlcisso et plusieurs autres; sur la rive droite, le Kouaraba, le Bacjoé, etc.

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merce qui comprend , d'un côté , i' or des riches mine^ de Bouré et les produits du Kan-kaii , du Ouassoulo et du Fouta-DhiaioD, les marciiaiidises des Maiidingues , et tous les articles de Djenné ; de l'autre, les productions que Temboctou reçoit de la côte septentrionale, et tout ce que les Maures y apportent du N. et duN. E.

Les observations faites sur le fleuve devant Djennél modifient les idées reçues d'une manière encore plus notable : il faut reconnaître aujourd'hui que Djenné est dans une grande île, et cette île est double; ce qui, pour le dire en passant, peut servir à expliquer plusieurs rapports contradictoires des voyageurs ou des indigènes. Le nouveau récit n'est pas lui-même, je favoue, sans quelques difficultés, et je n'ai fait en conséquence que ponctuer le tracé des branches du fleuve autour de Djenné. Quoi qu'il en soit, il résulte des routes de M. Gaillié, par terre et par eau, dans la partie orientale , et des renseignemens cju'il a pris sur la partie occidentale, i.° qu'un grand bras se détache aux environs de Ségo , à une quarantaine de lieues ( en ligne droite ) au-dessus de Djenné, et qu'il rejoint le fleuve à Isaca , à vingt-sept lieues au-dessous ( première ou grande île qui enferme Djenné ) ; 2 .° que devant Galia ( ou Gou-Galia ) est une autre communication, ayant elle-même deux bras, et formant une seconde ou plus petite île , dont Djenné occupe une

des extrémités; de plus, un autre canal joint l'île avec la branche orientale.

Cette description paraît d'abord assez compliquée ; mais la complication s'éclaircit beaucoup , si l'on admet le tracé ponctué sur la carte. Le bras oriental n'a pu être traversé par Mungo-Park , et il n'en a pas eu connaissance ; il en est de même de M, Docliard. Et quant au second voyage de Park , la relation est tronquée : il est vraisemblable que la branche qu'il a suivie la première fois, celle où se trouvent Silla et six autres villages depuis Sansanding , est cette branche même qui va, selon M. Gaillié, des environs de Ségo à Isaca; mais il faut que Djenné soit porté à la droite, tandis que, sur la carte de Park, on l'a placé sur la rive gauche. On savait déjà cette circonstance par M. le baron Roger ^; mais les nouvelles découvertes expliquent bien cette contradiction , qui n'est qu'apparente; car, si Djenné est à la droite du bras occidental, il est en même temps à la gauche du bras oriental.

Cette discussion fait voir que l'immense volume des eaux du Dhiolibâ est encore beaucoup plus puissant qu'on ne l'avait cru. EnefPet, Park, qui ne vit qu'une branche, resta en admiration devant ce fleuve majestueux; or, celle que M. Caiilié a franchie devant

(i) Tome II des Mémoires de la Sociélc de (jèographie , page 5/|.

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Djenné, et qu'il a suivie jusqu'à Isaca, ne lui cède pas en importance*.

On montra à M. Caiilié la joXctiôn avec le fleuve , visible du haut des maisons de Djenné. Est-ce avec le bras du couchant ou avec un rameau de celui du levant ? J'incline à croire que c'est avec ce dernier, l'autre étant trop loin pour ne pas échapper à la vue.

Je ne puis rien dire de positif sur l'île de Jinbala, que les cartes représentent entre le lac Dibbi et Cabra, le port de Temboctou^. Toutefois , rien n'empêcherait de croire à son existence, puisque M. Gaillié n'a pu voir tous les contours du lacDébo, ou Dhiébou, d'où un bras pourrait sortir à droite, et aller rejoindre le bras qui se détache près de Cabra vers l'orient.

Sous le rapport des communications commerciales, il résulte encore du voyage de M. Caiilié que la navigation du Dhiolibâ est presque par -tout praticable: il est déjà navigable à Couroussa, et sans doute encore plus près de sa source; rien n'annonce qu'il y ait un obstacle sérieux à Bamakou , bien qu'il y existe , à ce qu'il paraît , trois principaux rapides, mais non des cataractes. Park y a navigué : le courant , selon

(1) En parlant de la vue du fleuve, qu'il aperçut des hauteurs de Toniba , à quatre lieues de distance , Park s'écrie : « I once more saw « the Niger roiling its immense streams along the plain. » {^ The Journal Ojf a miwiott, etc. London, 181 5, page 1 43. ) ^ .. •

(2) Voyez § ITI ci-après.

ni. ^7

lui (mais au temps des hautes eaux, le 22 août), était d'environ cinq nœuds à l'heure. Le ht du fleuve avait un mille de large , et , à l'endroit des rapides, deux fois autant*.

Les observations que j'ai faites plus haut, sur la position de Temboctou^, s'appliquent au cours du fleuve. Depuis 1720, le tracé de ce cours sur les cartes a eu, pour ainsi dire, une marche progressive du levant au couchant, se rapprochant de plus en plus de la Sénégambie et de la côte occidentale d'Afrique. De plus en plus, aussi, la probabilité augmente que l'espace montagneux qui sépare ces deux bassins , sera trouvé plus court et plus praticable pour la traversée des hommes et des animaux. Qui sait si quelque grand affluent du Dhiolibâ n'est pas trèsvoisin d'un affluent semblable du Bâfmg, ou même du Sénégal au-dessous de Galam, tel que la rivière Rouge, ou le Baouhma , ou le Kokoro, de manière aue le partage entre ces deux rivières s'établirait sans

(1) The Journal of a mission, etc., page i44 et suiv.

(2) J'ai déjà fait remarquer que M. Walckenaer avait porté cette position d'au moins 2° plus à l'ouest que les anciennes cartes. Les observations postérieures ont prouvé que le changement devait avoir lieu dans ce sens , et je me suis attaché à les rassembler. Pour connaître l'étendue de ce changement, il fallait de bonnes observations à Galam (ou à Bakel), ainsi qu'un nouvel itinéraire entre la Sénégambie et le Dhiolibâ. Ce sont ces données plus exactes que j'ai tâché de mettre en œuvre.

beaucoup de peine? qui sait enfin si les progrès de la civilisation n'opéreront pas un jour, entre ces deux affluens , un canal navigable , suffisant pour le transport des marcliandises ; si alors on ne verra pas communiquer les embouchures de la Gambie et du Sénégal avec Ségo , Djenné, Temboctou, Houssa et toutes les grandes villes que le fleuve arrose?

Quand même les Européens ne tenteraient que la voie de terre entre ces rivières , ce serait une entreprise fondée sur une connaissance moins inexacte de la position et de l'intervalle des lieux, et, sinon une conséquence immédiate , du moins un résultat indirect des marches de M. Caillié sur les deux rives du grand fleuve. Je n'ai pas besoin d'ajouter que si, faute de documens certains, j'avais erré dans le tracé de f itinéraire , la faute en serait à moi seul , et n'ôterait rien au mérite du voyageur, ou à la reconnaissance que lui doivent les amis et les protecteurs des découvertes.

En continuant l'examen des résultats géographiques du voyage de M. Cailhé, je ne dois pas omettre l'attention qu'il a eue de s'informer de la position et de la profondeur des puits; circonstance dont on peut tirer des inductions utiles sur le cours et la distance des eaux : il n a pas négligé les remarques relatives au climat , aux pluies périodiques* et à l'état de fat-

(i) A 1 occasion des pluies, on a pu remarquer l'utile secours que lui

?6o REMARQUES

mosphère. Les savans regretteront vivement sans cloute qu'il ne fût pas muni d'instrumens pour observer et mesurer les phénomènes météorologiques : mais ce n'est pas un premier voyage qui peut procurer ces lumières; et d'ailleurs aucun des lecteurs n'a oublié les périls au milieu desquels notre compatriote a exécuté son entreprise.

La position de plusieurs lieux connus éprouve des changemens notables par les excursions de M. Gaillié , sans parler des villes que baigne le Dhiolibâ. Toudeyni, qui était censé à S'' ^ ^- méridien de Temboctou, s est trouvé sur la route de M. Gaillié trèsprès des puits de Télig, à ko' 0. seulement de ce méridien. Serait-ce un autre endroit du même nom ? J'en doute : l'importance du lieu, prouvée par la description qu'en fait le voyageur, repousse cette supposition.

A'raouân^ est inscrit sur les cartes comme une simple station, avec un puits d'eau saumâtre; mais M. Gaillié a trouvé là un lieu considérable, un entrepôt de commerce , en un mot une ville impor-

a fourni son parapluie anglais (voyez tome 1, chapitres i à x), non pour îe mettre à l'abri seulement, mais pour Timportance quy attachaient les indigènes, leur admiration pour ces ustensiles, et ie parti qu'il a su en tirer. Son récit fait voir que c'est un des meubles portatifs que les Européens seraient le plus sûrs d'importer avec succès chez les Africains.

(i) Les marabouts écrivent ce mot Qljfj-&

tante, quoique déchue d'une partie de sa prospérité.

M. Caillié nous fait connaître , dans le nord, un lieu d'Oualet, bien éloigné du Walet de Mungo-Park, et un lieu du nom de Sala , qui confirme le témoignage des écrivains arabes; dans le midi, les villes de Teuté, Cagny ou Gany, et Koung à quinze jours et plus au S. de Timé, c'est-à-dire, vers le septième parallèle sud. Son récit rectifie nos idées sur les royaumes ou états à f orient du Fouta-Dhialon , et nous fait distinguer les pays montagneux , les plaines sablonneuses , et les territoires fertiles et enrichis par de nombreuses rivières.

On était dans l'incertitude sur le pays de Bouré ; les nouveaux renseignemens servent à le placer sur la carte avec une grande approximation.

Les grandes villes où il a résidé, telles que Temboctou, Fez\ Djenné, Kan-kan , sont décrites avec beaucoup de détails; et il me serait facile, si je ne craignais d'alonger cet écrit, de montrer combien il a ajouté à cet égard à nos connaissances, et aussi combien d'idées fausses ou exagérées il a fait évanouir : c'est un mérite dont il faut lui tenir compte doublement; car il est peut-être le voyageur qui a

(1) Voyez la description de cette ville dans l'ouvrage de M. Jackson ci-dessus cité, et celle de la première dans les voyages de Robert Adams et de Riley, dans Léon TAfricain , dans les Recherches de M. Walckenaer, etc.

dissipé le plus d'illusions. Les bons esprits lui en sauront autant de gré, que jadis les exagérations auraient eu de crédit. Ce n'est pas que le laps du temps n'ait amené des changemens véritables dans la grandeur et la population des villes ; et il ne faudrait pas s'étonner, par exemple, de la dilFérence entre la description de Léon et celle que l'on donne aujourd'hui ^

(1) Le roi de Tombuto, selon Léon, avait trois mille cavaliers à ses ordres et une quantité presque innombrable d archers. Ce qui est fort remarquable, c'est qu'un incendie détruisit, selon cet auteur (si on lit oppidi pars ) , presque la moitié de la ville dans l'espace de cinq heures. Le récit de Léon est le plus important, peut-être le plus authentique de tous ceux que Ton possède jusqu'à présent. Ces motifs m'engagent à le mettre en entier sous les yeux du lecteur, afin qu'il puisse y comparer la nouvelle relation. Je citerai la version latine faite sur l'italien de Léon ( 2.^ édition ) , quoiqu'elle laisse à désirer pour l'exactitude : on sait que Léon avait d'abord écrit en arabe. Voyez Joannis Leonis Jfricani detotius Africœ Descriptione lib. Tiguri , 1 SÔg , pag. 43 1 et suiv.

TDMBUTUM REGNUM.

Hujus regni nomen nostris ferè temporibus ab ejusdem nominis oppido desumptum volunt, cujus conditorem fuisse dicunt quemdam Mensè - Suleiman , hegirae anno sexcentesimo decimo : in duodecimo milliario à quodam fluviolo situm fuit , quod è Nigro flumine effluebat ; cujus domus omnes in tuguriola cretacea* stramineis tectis sunt mutatae.

* Ces mots ne traduisent pas capanne faite di pali, coperte di creta du texte italien.

ET RECHERCHES GEOGRAPHIQUES. 263 i

Mais qui ne croyait, il y a peu de temps encore, que Temboctou possédait l'étendue d'une de nos grandes villes, et avait dans ses murs une population de cent

Visiturtamen elegantissimum quoddam templum, cujus murus ex lapidibus atque calce vivo est fabricatus : deindè et palatium quoddam regium à quodam Granatœ viro artrficiosissimo conditum. Frequentissimae hic sunt artificum ,. mercatorum , praecipuè autem telae atque gossypii textorum , officinae. Hùc mercàtores barbari pannum ex Europâ alFerunt. Hujus quoque regionis mulieres faciem tegunt , ancillis tamen exceptis , iisque quae omnia ad victum necessaria vendunt. Incolae , ac inter hos exteri praesertim , sunt ditissimi , adeo ut qui jam regem agit, utramque fdiam duobus mercatoribus ditissimis in uxores dedeiit. Frequentissimi hic putei, qui aquam praebent dulcissimam ; ac quoties Niger flumen excrescit, ejus aquam ductibus quibusdam in urbem trahunt. Regio est frumentis , pecudibus , iacte atque butyro copiosissima : sahs verô summa est penuria ; hùc enim à Tegasa , quod oppidum in quingentesimo abest milliario , adfeni solet. Ego cùm hic essem , vidi salis sarcinam i\nam , quantum camelus ferre potuit , octoginta emi aureis. Tumbuti rex opulentissimus bracteas aliquot atque sceptra habet, quorum nonnulla mille et trecentarum sunt librarum. Magnificam optimèque instructam alit aulam : quoties aliquo proficiscilur, camelo insidet , qui à nobilibus duci solet : idem evenit quoties ad bellum proficiscitur ; milites verô omnes équités sunt. Hune si quis regem alloqui velit , ad pedes primùm procidit , deindè terram sumens in caput atque humeros sternit : soletque hi(' ferè nios ab illis servmi , qui iiunquam anteà régi sunt locuti , aut qui ab alio principe hùc legati sunt missi. Equilum sem-

mille habitans , ou même de cent cinquante à deux cent mille ? « Les évaluations les plus modérées , a dit (( M. Walckenaer, lui donnent cent mille habitans*. »

per tria millia habet, pedites propemodùm innumeros , qui arcubus sagiltas emittunt veneno infectas. Frequentissimè cum lîis belîigerantur , qui tributum persolvere récusant , et quotquot praelio capere possunt , Tumbuti mercatoribus vendunt. Magna'hic est equorum paucitas ; mercatores atque aulici pusiîîos quosdam aîunt , quibus in itinere peragendo uti soient ; praestantissimi autem equi à Barbaria adducuntur. Rex verô simul atque audit mercatores cum equis appuîisse , mox numerum sibi adferri jubet , deîndè omnium praesfantissimum sibi deligit , pretiumque Jiberalissimè persoïvit. Judaeis omnibus adeô se hostem atrocem praebet, ut nulîos omnino in ea civitate admittat : si quos Barbares aliquid cum Judaeîs commercii habere intelJigit , statim illorum bona proscribere jubet. Magna hic estjudicum , doctorum , sacerdotum atque virorum doctissimorum copia, qui liberalissimis regiis aluntur stipendiis. Infmiti hic libri manuscripti ex Barbaria adferuntur; è quibus multo plures pecuniae quàm ex reliquiis omnibus mercibus colliguntur. Horum moneta aureaest, nullis figuris insignîta : in rébus autem minutioribus cochîeis quibusdam utuntur, quaehùc exPersarum région e convehi soient, harum quadringentae aureo aequivaîent : aureorum autem sex, cum duabus unius aurei terliis, unciam unam pendent. Homines naturâ sunt mites atque placidi; à vigesimâ quartâ in primam usque noctis horam cantando atque saltando omnes ferè civitatis partes ambiunt. Mancipia utriusque sexûs quàm plurima alunt : estque oppidum ignis injuriae maximè obnoxium ; ubi

(i) Recherches sur lAfr'ujue sept, etc.. page iS4.

Les exagérations des Arabes entretenaient constamment l'Europe dans la même erreur, et l'itinéraire de Mohammed Ebn-Aly Ebn-Foul sur-tout, où il est écrit : « Cest la plus grande ville que Die a ait créée^. »

jàm secundùm ad hos venissem, dimidia ferè oppida pars quinque liorarum spatio igne deleta fuit. Nullum in suburbio hortum aut fructibus consitum îocum reperies.

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