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REMARQUES
lui (mais au temps des hautes eaux, le 22 août), était d’environ cinq nœuds à l’heure. Le lit du fleuve avait un mille de large, et, à l’endroit des rapides, deux fois autant h
Les observations que j’ai faites plus haut, sur la position de Temboctou^ s’appliquent au cours du fleuve. Depuis 1720, le tracé de ce cours sur les cartes a eu , pour ainsi dire , une marche progressive du levant au couchant, se rapprochant de plus en plus de la Sénégambie et de la côte occidentale d’Afrique. De plus en plus aussi, la probabilité augmente que f espace montagneux qui sépare ces deux bassins , sera trouvé plus court et plus praticable pour la traversée des hommes et, des animaux. Qui sait si quelque grand affluent du Dhiolibâ n’est pas trèsvoisin d’un affluent semblable du Bâfing, ou même du Sénégal au-dessous de Galam, tel que la rivière Rouge, ou le Baoulima , ouïe Kokoro, de manière que le partage entre ces deux rivières s’établirait sans
(1) The Journal of a mission, etc., page i44 et suiv.
(2) J’ai déjà fait remarquer que M. Walckenaer avait porté cette position d’au moins 2° plus à l’ouest que les anciennes cartes. Les observations postérieures ont prouvé que le changement devait avoir lieu dans ce sens , et je me suis attaché à les rassembler. Pour connaître l’étendue de ce changement, il fallait de bonnes observations à Galam (ou à Bakel), ainsi qu’un nouvel itinéraire entre la Sénégambie et le Dhiolibâ. Ce sont ces données plus exactes que j’ai tâché de mettre en œuvre.
ET RECHERCHES GEOGRAPHIQUES. tiSc)
beaucoup de peine P qui sait enfin si les progrès de la civilisation n opéreront pas un jour, entre ces deux afïluens , un canal navigable , suffisant pour le transport des marchandises; si alors on ne verra pas communiquer les embouchures de la Gambie et du Sénégal avec Ségo , Djenné, Temboctou, Houssa et toutes les grandes villes que le fleuve arrose P
Quand même les Européens ne tenteraient que la voie de terre entre ces rivières , ce serait une entreprise fondée sur une connaissance moins inexacte de la position et de l’intervalle des lieux, et, sinon une conséquence immédiate , du moins un résultat indirect des marches de M. Caillié sur les deux rives du grand fleuve. Je n’ai pas besoin d’ajouter que si, faute de documens certains, j’avais erré dans le tracé de fitinéraire, la faute en serait à moi sèul, et n’ô- ,terait rien au mérite du voyageur, ou à la reconnaissance que lui doivent les amis et les protecteurs des découvertes.
En continuant l’examen des résultats géographiques du voyage de M. Caillié, je ne dois pas omettre l’attention qu’il a eue de s’informer de la position et de la profondeur des puits; circonstance dont on peut tirer des inductions utiles sur le cours et la distance des eaux : il n’a pas négligé les remarques relatives au climat , aux pluies périodiques^ et à fétat de fat-
(i) A Toccasion des pluies, on a pu remarquer Futile secours que lui
REMARQUES
mosplière. Les savans regretteront vivement sans doute qu’il ne fût pas muni d’instrumens 'pour observer et mesurer les phénomènes météorologiques ; mais ce n’est pas un premier voyage qui peut procurer ces lumières; et d’ailleurs aucun des lecteurs n’a oublié les périls au milieu desquels notre compatriote a exécuté son entreprise.
La position de plusieurs lieux connus éprouve des cbangemens notables par les excursions de M. Caillié ^ sans parler des villes que baigne le Dhiolibâ. Toudeyni, qui était censé à 3° é O. du méridien de Temboctou, s’est trouvé sur la route de M. Caillié trèsprès des puits de Télig, à ^o’ O. seulement de ce méridien. Serait-ce un autre endroit du même nom? J’en doute : l’importance du lieu, prouvée par la description qu’en fait le voyageur, repousse cette supposition.
A'raouân^ est inscrit sur les cartes comme une simple station, avec un puits d’eau saumâtre; mais M. Caillié a trouvé là un lieu considérable, un entrepôt de commerce , en un mot une ville impor-
a fourni son parapluie anglais (voyez tome I, chapitres i à x), non pour le mettre à l’abri seulement, mais pour l’importance qu’y attachaient les indigènes, leur admiration pour ces ustensiles, et le parti qu’il a su en tirer. Son récit fait voir que c’est un des meubles portatifs que les Européens seraient le plus sûrs d’importer avec succès chez les Africains.
( 1 ) Les marabouts écrivent ce mot
tante, quoique déchue d’une partie de sa prospérité.
M. Caillié nous fait connaître , dans le nord, un lieu d’Oualet, bien éloigné du Walet de Mungo-Park , et un lieu du nom de Sala , qui confirme le témoignage des écrivains arabes; dans le midi, les villes de Tenté, Gagny ou Gany, et Koung à quinze jours et plus au S. de Timé, c’est-à-dire, vers le septième parallèle sud. Son récit rectifie nos idées sur les royaumes ou états à l’orient du Fouta-Dhialon, et nous fait distinguer les pays montagneux , les plaines sablonneuses , et les territoires fertiles et enrichis par de nombreuses rivières.
On était dans l’incertitude sur le pays de Bouré ; les nouveaux renseignemens servent à le placer sur la carte avec une grande approximation.
Les grandes villes où il a résidé, telles que Temboctou, Fez\ Djenné, Kan-kan , sont décrites avec beaucoup de détails; et il me serait facile, si je ne craignais d’alonger cet écrit, de montrer combien il a ajouté à cet égard à nos connaissances, et aussi combien d’idées fausses ou exagérées il a fait évanouir : c’est un mérite dont il faut lui tenir compte doublement; car il est peut-être le voyageur qui a
(i) Voyez la description de cette ville dans Fouvrage de M. Jackson ci-dessus cité, et celle de la première dans les voyages de Robert Adams et de Riley, dans Léon l’Africain, dans les Recherches de M. Walckenaer, etc.
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dissipé le plus d’illusions. Les bons esprits lui en sauront autant de gré, que jadis les exagérations auraient eu de crédit. Ce n’est pas que le laps du temps n’ait amené des changemens véritables dans la grandeur et la population des villes ; et il ne faudrait pas s’étonner, par exemple, de la différence entre la description de Léon et celle que l’on donne aujourd'buiL
(1) Le roi de Tombuto, selon Léon, avait trois mille cavaliers à ses ordres et une quantité presque innombrable d’archers. Ce qui est fort
remarquable, c’est qu’un incendie détruisit, selon cet auteur (si on lit oppidi pars ) , presque la moitié de la ville dans l’espace de cinq heures. Le récit de Léon est le plus important, peut-être le plus authentique de tous ceux que l’on possède jusqu’à présent. Ces motifs m’engagent à le mettre en entier sous les yeux du lecteur, afin qu’il puisse y comparer la nouvelle relation. Je citerai la version latine faite sur l’italien de Léon ( 2.® édition ) , quoiqu’elle laisse à desirer pour l’exactitude : on sait que Léon avait d’abord écrit en arabe. Voyez Joannis Leonis AJricani detotius Africæ Descriptione lih. Tiguri, 1 SSg , pag. 43 1 et suiv.
TUMBUTUM REGNÜM.
Hujus regni nomen nostris ferè temporibus ab ejiisdem nominis oppido desumptum volunt, cujus conditorem fuisse dicunt quemdam Mensè - Suleiman , liegiræ anno sexcentesimo decimo : in duodecimo milliario à quodam fluviolo situm fuit, quod è Niqro flumine elïluebat ; cujus domus omnes in tuguriola cretacea * stramineis tectis sunt mutaiæ.
* Ces mots ne traduisent pas capanne fatte di pâli, coperte di creta du texte italien.
Mais qui ne croyait, il y a peu de temps encore, que Teinboctou possédait l’étendue d’une de nos grandes V illes , et avait dans ses murs une population de cent
Visitiir tamcn elegantissimum quoddam templum , cujus murus ex lapidibus atque calce vivo est fabricatus : deindè et palatium quoddam regium à quodam Granatæ viro aiTificiosissimo conditum. Frequentissimæ h'ic sunt artificum , mercatorum , præcipuè autem telæ atque gossypii textornm , officinæ. Hùc mercatores barbari pannum ex Eiiropâ afferunt. Hujus quoque regionis mulieres faciem tegunt , ancillis tamen exceptis , iisqiie quæ omnia ad victum necessaria vendimt. Incolæ , ac inter hos exteri præsertim, sunt ditissimi, adeô ut qui jam regem agit, utramque fiiiam duobus mercatoribus cbtissimis in uxores dederit. Frequentissimi hic putei, qui aquam præbent dulcissimam ; ac quoties Niger fliimen excrescit, ejus aquam ductibus quibusdam in urbem trabunt. Re.gio est frumentis , pecudibus , lacté atque butyro copiosissima : salis verô summa est penuria ; hùc enim à Tegasa , quod oppidum in quingentesimo abest milliario , adferri solet. Ego cùm bic essem , vidi salis sarcinam unain , quantum cameliis ferre potuit , octoginta emi aureis. Tumbuti rex opulentissimus bracteas aliquot atque sceptra habet, quorum nonnulla mille et trecentarum sunt librarum. Magnificam optimèque instructam alit aulam : quoties aliquô proficiscitur, camelo insidet , qui à nobilibus duci solet : idem evenit quoties ad bellum proficiscitur ; milites vero omnes équités sunt. Hune si quis regem alloqui velit , ad pedes" primùm procidit, deindè terrain sumens in caput atque Immeros sternit : soletque bic; ferè mos ab illis servari , qui nimquam anteà régi sunt locuti, aut qui ab alio principe bùc legati sunt missi. Equitum sem-
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mille liabitans , ou même de cent cinquante à deux cent mille ? « Les évaluations les plus modérées , a dit (( M. Walckenaer, lui donnent cent mille habitansb »
per tria inillia habet, pedifces propemodiim innumeros , qui arcubus saqittas emittunt veneno infectas. Frequentissimè cuin bis belliqerantiir , qui tributum persolvere récusant , et quotquot prælio capere possunt , Tumbuti mercaforibus vendunt. Magna b'ic est equorum paucitas ; mercatores atque auîici pusillos quosdam alunt , quibus in itinere peragendo uli soient ; præstantissimi autem equi à Barbaria adducuntur. Rex verô simul atque audit mercatores cum equis appulisse , mox numerum sibi adferri jubet , deindè omnium praestantissimum sibi deligit , pretiumque bberalissimè persolvit. Judæis omnibus adeo se bostem atrocem præbet, ut nuîlos omnino in ea civitate admittat : si quos Barbaros aliquid cum Judæis commercii babere intelligit , statim illorum bona proscribere jubet. Magna bic estjudicum , doctorum , sacerdotum atque virorum doctissimorum copia, qui bberalissimis regiis aluntur stipendiis. Infmiti bic libri manuscripti ex Barbaria adferuntur; è quibus multô plures pecuniæ quàm ex reliquiis omnibus mercibus colliguntur. Horiini moneta aurea est , nuîlis figuris insignita : in rebus autem minutioribus cocbleis quibusdam utuntur, quæbùc ex Persarum région e convebi soient, barum quadringentæ aureo æquivalent : aureorum autem sex , cum duabus unius aurei tertiis, unciam unam pendent. Homines naturâ sunt mites atque pîacidi; à vigesimâ quartâ in primam usque noctis boram cantando atque saltando omnes ferè civitatis partes ambiunt. Mancipia utriusque sexûs quàm plurima alunt : estque oppidum ignis injuriæ maximè obnoxium ; ubi
(1) Recherches sur l'Afrique sept, eic., page i84.
Les exagérations des Arabes entretenaient constamment l’Europe dans la même erreur, et ritinéraire de Mohammed Ebn-Aly Ebn-Foul sur-tout, où il est écrit : « C’est la plus grande ville que Dieu ait crêée^. )>
jàm secundiim ad hos venissem , dimidia ferè oppida jjars quinque horarum spatio igné deleta fuit. Nullum in suburbio borliim aut fructibus consitum locum reperies.