LES RIVES DU JOURDAIN
liendeiil en longues tresses mêlées avec les rameaux du peuplier; des roseaux immenses trempent leur pied dans les belles eaux et balancent leurs aigrettes argentées le long du lleuve; les oiseaux chantent sous l’épaisseur du bois.
Dans les pays les plus (rais, cela serait idéalement beau; beau de désordre, d’effet, d’ombre, de lumière. Après un jour et demi de désert, c'est un enchantement.
Et puis, ces eaux bruissent, elles frémissent autour des troncs, elles agitent éternellement les flexibles rameaux des saules, elles caressent les grands roseaux. Et puis, ce fleuve trace des méandres admirables; ici, il se perd tout entier sous l’oasis; là, il s’étend au soleil et miroite entre ses deux rives ombreuses; je le vois, au travers d’une trouée, s’arrondir comme un lac; un peuplier d’Italie qui laisse tomber toutes ses branches le voile aux trois quarts. Que- cela est beau ! Merci, mon Dieu, de nous avoir permis de contempler ton fleuve, d’en rassasier nos yeux, d’y tremper nos fronts et nos mains.
Près d’ici, un peu plus haut, ces eaux baignèrent Jésus; il s’avançait sous des ombrages pareils, quand le Précurseur s’écria : « Voici venir l’Agneau de Dieu, qui Ôte les péchés du monde. » El en même temps ces deux, ce beau ciel serein s’ouvrit, une forme de colombe en descendit, et l’on entendit une voix qui disait : « C’est ici mon (ils