‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 120 sur 199 · LES BRIGANDS SUR LA ROUTE DE JÉRICHO · texte numérisé non relu

LES BRIGANDS SUR LA ROUTE DE JÉRICHO

La fontaine d’Elisée murmure près de la tente, les branches d’un immense Nùgùb se recourbent sur le campement; de l’autre côté, un fourré d’herbes, de menthes et de buissons. — Allons respirer

Jérusalem, samedi 29 avril 1848. — Hier au soir, nous sommes allés nous asseoir vers la source, nappe claire qui s’étend sous un grand figuier; nous y sommes allés armés jusqu’aux dents. La source coule à deux pas de nos tentes, mais le pays est mal famé ; quelques Bédouins étendus sous les arbres, chacun son mousquet couché près de lui, suivent avec curiosité les mouvements du camp. — La contrée n’était pas beaucoup plus sèrc au temps du Seigneur, puisqu’il place sur le chemin de Jérusalem à Jéricho, l’épisode du voyageur assassiné par les brigands et recueilli par le Samaritain.

Il y a huit jours, deux Anglais campés à la même place, se détachent de leur caravane pour se rendre sans escorte à la source. Ils s’asseyent sous le liguier; à peine assis, un coup de fusil part, ils entendent siffler la balle; ils se lèvent uii peu émus, reviennent aux tentes, appellent le Schcik, et lui ordonnent de monter sur la hauteur. Le Scheik obéit. Comme il se profile sur l’horizon, l’un des gentle-

* On dit avoir retrouvé non loin d’ici les restes d’une digue destinée, dans les temps antiques, à retenir les eaux du Jourdain pour en arroser la vallée.

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