LE PUITS DE LA SAMABITAINE
Garizim. Sickem , aujourd’hui Naplouse, se cache derrière la hauteur, au pied de Garizim.
Avant d’enfiler le vallon, nous entrons dans un champ; Antonio nous mène devant un tas de cailloux : Le puits de Jacuh, le puits de la Samaritaine! Nous sautons à has de cheval.
Le puits est sans apparence : Rien, à levo'r, qui le fasse désirer... comme celui qui, étant las du chemin, s’assit auprès et dit à la femme de Sichem : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit, donne-moi à boire! tu lui en eusses demandé toi- même, et il t’eût donné de l’eau vive ! *
Mon Sauveur fatigué s’est donc reposé près de ce pauvre puits; ici, en face de cette vallée, en face de cet Ébal, sur lequel les treize pierres prises au Jourdain par Josué furent dressées pour mémorial, en face de ce Garizim, sur lequel six trihus prononçaient les bénédictions de l’Éternel, tandis que les six autres, du haut d’Ébal, répondaient en proférant des malédictions! C’est dans cette petite plaine ronde, maintenant coupée de champs réguliers, qu’il attendait ses disciples. Ici, les apôtres s’étonnèrent de le voir parler avec une femme. Ici, il arrêta son pénétrant regard sur le cœur de la pauvre pécheresse. Un instant elle s’efforça d’échapper à la miséricorde du Seigneur qui cherchait son âme : « Seigneur, je vois que tu es un prophète; nos pères ont adoré sur cette montagne-là ; — Garizim, — et