LES FEMIIES A LA FONTAINE
herbes, elle étincelle sur le chemin, elle tombe avec un doux bruit de fontaine dans ce réservoir auprès duquel voici des bergers arabes assis, leur long bâton appuyé contre l’épaule, près de leurs chevreaux et de leurs chèvres couchés sous cet olivier. Un peu plus loin, des femmes vêtues de la tunique blanche plongent leur linge dans le ruisseau ; leu* s bras parfaits sortent nus jusqu’à l’épaule de leurs vastes manches qu’elles portent relevées; elles ont rejeté en arrière le voile fixé autour de leur tête par un cordon rouge; le soleil frappe les fils de colonnades qui brillent sur leur front ou qui descendent sur leurs tresses noires; quelque vieillard à barbe blanche s’arrête près d’elles. Tout cela est frappé au cachet du beau, de l’antique, de l’antiquité biblique, plus poétique mille fois que l’antiquité grecque. Les troupeaux couvrent la campagne, troupeaux de chameaux sur les hauts pâturages, troupeaux de vaches dans les terrains en jachères, troupeaux de chèvres et de moutons à la large queue partout ; dans les chardons, troupeaux d’ânes qui nous rappellent les ânesses de Kis, après lesquelles courait Saül.
11 y a des localités, de petits abris de montagnes, de petits détours de sentier, de certaines pentes tournées vers l’orient , tout étoilées de fleurs. Aujourd’hui , le grand iris bleu que nous cultivons dans nos jardins, une rose trémière pyramidale, se montrent sur chaque versant, éclatants de beauté.