‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 137 sur 199 · SAMARIE · texte numérisé non relu

SAMARIE

Je n’ai jamais vu d’aspect si pittoresque joint à une si riclie végétation ; c’est plus beau que l’Égyple, parce (pie l’Égypte est plate et que la Syrie se relève en montagnes, se creuse en défilés ou s’abaisse en vallées ; c’est plus beau, parce que la végétation d’Égypte a quelque monotonie et que celle-ci émerveille par sa variété. — Oh! miracle de la rencontre du soleil avec l’c ni !

Arrivons à Samarie — Sébaste. — Arrivons-y par ces vergers , par ces champs que moissonnent les Arabes courbés, la faucille en main, sur les orges qu’ils coupent près de l’épi ; arrivons-y par ces champs de lentilles qu’arrachent les femmes agenouillées. Voilà Samarie : une montagne basse, isolée, richement vêtue do cultures exubérantes, noyée dans les blés et dans les mûriers de sa vallée, couronnée d’oliviers, gardée par une triple ceinture de nopals dont les vieux troncs s’avancent sur le chemin, dont les feuilles s’entourent d’une auréole de fleurs dorées. La voilà portant au front la ruine de son église de Saint-Jean, et tout autour de sa cime, comme un bandeau royal, les colonnades encore debout dont l’a parée le grand Hérode.

L’église des Chevaliers n’a conservé que quelques pans de murs et les assises, bâties de blocs énormes évidemment dérobés à quelque construction juive.

Les colonnes, d’abord ensevelies, couchées, puis droites, rangées en longues files, dessinent un cer-

SAMMUK.

Page 1