‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 138 sur 199 · tr · texte numérisé non relu

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de immense autour du sommet de la montagne; du côté opposé, trois ou quatre rangs encore debout sur un plateau, semblent indiquer l’emplacement d’un temple.

C’est triste à dire, mais la mécbanceté de Samarie ne m’étonne plus quand je vois sa richesse. Oui, celte ville qui embrasse d’un même regard et ces moissons, et ces vergers, et ces côteaux ruisselant d’huile, et ces eaux jaillissantes; cette ville dont cbaque habitant pouvait s’asseoir sous sa vigne et sous son figuier, celle ville devait se demander dans sa folie: « Qu’ai-je à recevoir de l’Étornel, que me donnerait-il de mieux que ce qui est à moi! J’ai mes ruisseaux, et je me ris de la sécheresse! J’ai mon soleil, et je me ris des neiges ! Mes montagnes sont assez élevées pour que les chèvres y bondissent, assez bas.ses pour que la vigne y étale ses grappes d’or. Je me serai reine à moi-mème, et je me ferai des dieux qui ne parlent point et qui n’entendent [>as! »

Mais l’Élcrnel, s’ l[ ne pouvait rien lui donner, lui pouvait tout ôter. — Salmanazar fond sur elle, emmène ses habitants, établit dans ses murs les Assyriens, qui deviennent les Samaritains du temps de Jésus.

L’avail-elle assez lassé! lassé par les énormités de son peuple, lassé par ses idoles, lassé par la méchanceté de ses rois; par cet Acbab et par celle Jé-

SAHABIE.

sabel dont l’effrayante image semble encore se dresser au milieu des décombres! — Et loi, Éternel, quelle patience , quelles délivrances !

Quelle délivrance, quand Élisée, montrant à Guéhazi les milliers d’anges campés autour de lui sur les hauteurs, frappait d’aveuglement les Syriens, et les amenait prisonniers à Samarie * ! Quelle délivrance, quand la famine désolant Samarie cernée par l’armée de Ben Hadad, quand les femmes se partageant leurs enfants pour les tuer et les manger, quand le roi s’écriant : « Ce mal vient de l’Éternel, qu’attendrai -je plus de l’Éternel *? » L’Éternel, dont il veut faire égorger le prophète, lui fait crier par ce prophète même: « Ainsi a dit l’Éternel : demain à cette heure, on donnera le sat de farine pour un sicle, et les deux sais d’orge pour un sicle à la porte de Samarie » Et le Seigneur fait entendre dans le camp ennemi un bruit de chevaux, un bruit de chariots, un bruit de grande armée; Il met au cœur de quatre lépreux de s’en aller vers les Syriens afin d’implorer leur pitié ou de mourir; et voici, le camp est désert, les tentes sont pleines de vivres, d’or, d’argent; le peuple sort, pille le camp, on donne le sat de fine farine pour un sicle, les deux sais d’orge pour un sicle ! — Mais le capitaine sur la main duquel Joram s’appuyait pendant qu’Élisée

« î Rols, VI. — « /Aid. — » Ibid. VII.

SAUAIIIE.

propliclisnit l’aboiuiance, ce capitaine qui avait douté, disant : < Quand l’Élernel ferait maintenant des ouvertures au ciel, cela arriverait-il? » Ce capitaine, selon la parole d’Élisée, le voit et n’en mange point. Le peuple qui entrait et qui sortait pour quérir et pour apporter, l’écrase à la porte*. — Je ne connais pas de plus épouvantable châtiment à l’incrédulité : Tu le verras de les yeux, mais tu n'en mangeras point. Tu verras de tes yeux la paix et la forte de ceux qui ont la foi , tu verras leur consolation dans la douleur, tu verras leur gloire éternelle, lu la verras, mais tu n’en goûteras point. L’enfer de l’incrédule, ce sera de ne pouvoir garder son incrédulité à toujours; ce sera de voir, mais de voir trop tard.

Josias, ce roi de Juda qui se retourna de tout son cœur vers l’Éternel, ôta les hauts lieux de Samarie*. Cependant elle reste toujours la grande sœur pécheresse de Jérusalem*.

Les prophéties abondent sur Samarie, l’une d’elles me frappe par son exacte réalisation : « Je réduirai Samarie comme en un monceau de pierres ramassées dans les champs où l’on plante des vignes, et je ferai rouler ces pierres dans la vallée, et je découvrirai ses fondements*. » On dirait, en effet, ces amas de cailloux que nous voyions hier couronnés de vignes

'2 Rois, VII. — XXIII. —>Ézéchiel XVI, 40. — ‘Michée I, 6. III. 22

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