‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 14 sur 199 · H AH A · texte numérisé non relu

H AH A

l’une après l’aulre, les larges ondes du peuple juif. Il n'y a pas jusqu’à ces cailloux, qu’on dirait avoir senti l’ardeur de la colonne de feu.

Rien qui détourne la pensée de Dieu. Tout est beau, mais tout est sévère. Le sol éclatant de blancheur ou doré, n’alimente pas une touffe d'herbe. La montagne est éblouissante. L’œil, presque effrayé de tant de grandeur, se réfugie dans le ciel; la teinte du ciel seule est profonde, pleine de douceur. — L’Éternel parlait seul à seul à son peuple. — Et dans la vie, ne faut-il pas le désert, la sévérité des aspects, pour nous faire tourner de toute notre âme vers le Seigneur î

Nous traversons Ouadi Amara, que nous aurions bien envie de prendre pour le Mara de l’Écriture, à cause de la ressemblance du nom ; mais en Arabe, Amara veut dire bâtiment, au lieu d’amer que signifie Mara en hébreu. Et puis Amara n’a plus d’eau. Cependant la vallée est si large, si désolée, elle porte si bien empreints sur elle les caractères de la majesté, que nous trouvons à répondre à toutes les objections, jusqu’au moment où nous arrivons à Ouadi Aotiara : un bassin circulaire, sur un plateau très élevé, couronné ptir deux palmiers nains , qui forment avec quelques pieds de Gùrkùb, toute la végétation ! Nous goûtons l’eau, elle est de l’amertume la plus prononcée. Plus de doute; nous nous réunissons à l’opinion de Robinson : ici est le véritable Mara.

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