LES HAUTS PLATEAUX DU LAC DE GÉNÉZABBTH
A l’extréinilé du vallon s’ouvre la grande plaine qui descend en deux ou trois étages au lac de Génézarcth ; on ne découvre celui-ci que du dernier plan. La terre est inculte, mais d’une étonnante fertilité; les Bédouins en ont fait leur domaine privé. Il n’y a que deux villages au bord du lac : Tabaria — Tibériade — et Magdala-, ils travaillent autour d’eux quelques portions du sol, le reste est un vaste pâturage. Parfois les Bédouins en sèment quelques parcelles, plus souvent ils le laissent en jachère. La plaine s’abaisse donc, couverte d’un fourré d'herbes et de fleurs. Une butte de pierres envahie par les plantes sauvages, signale de temps à autre l’emplacement des nombreux villages qui s’y élevaient autrefois. Au sortir du délilé, Antonio nous fait remarquer les ruines d’un Han, on dirait plutôt les ruines d’une forteresse; ce Han servait de marché aux bestiaux; les marchands qui s’y réunissent plusieurs fois l’an, y enfermaient leurs chevaux et leurs hœufs : « — Alors, » dit Antonio, « il y avait des voleurs... et Dieu merci il n’en manque pas aujourd’hui! voilà pourquoi le Han est fortifié!...» Si le Han n’existe plus, la foire existe encore; on se rassemble tous les quinze jours autour de ces murailles qu’envahissent les buissons; Bédouins et Arabes y échangent leurs troupeaux.
La plaine est déserte, le Thabor disparaît derrière un repli, les montagnes de Galilée continuent
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