‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 146 sur 199 · LE LAC DE GÉKÉZASETH · texte numérisé non relu

LE LAC DE GÉKÉZASETH

qui s’avance au milieu de la tempête; les mariniers s’écrient d’épouvante :

« — Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez point de peur! »

Parmi tant et de si douces images, deux scènes me pénètrent d’une émotion toute particulière : l’une se place au commencement de la carrière du Seigneur, l’autre à la fin, au moment où déjà revêtu du corps glorieux, Celui qui est les prémices de la résurrection va s’asseoir à la droite de l’Éternel. C’est encore auprès des eaux; Simon lave ses filets sur le bord de la mer, Jésus pressé par la foule monte dans une nacelle, dans celle de Simon; il s’assied, il enseigne les troupes, et quand il a cessé de parler :

« — Mène en pleine eau, et lâchez vos filets.

— Maître, nous avons travaille toute la nuit sans rien prendre, toutefois à ta parole, je lâcherai les filets. »

Les filets plongent, on essaye de les retirer, ils rompent; les pêcheurs appellent leurs compagnons — Jacques et Jean ; — les nacelles enfoncent sous le poids, et Simon Pierre se jetant aux pieds de Jésus: « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur.

— N’aie point de peur! Dorénavant tu seras pêcheur d’hommes vivants.

Voici l’autre scène. C’est le soir; Simon Pierre,

L£ LAC DE céMÉZARETH.

Nathanaël de Cana, Tliomas et deux autres disciples conversent ensemble. Pierre dit : « — Je vais pêcher.»— « Notisy allons avec toi. »— Ils montent dans la nacelle, mais cette nuit -là ils ne prennent rien. Le matin, un homme se montre sur le rivage; le Jour n’est pas encore clair, les pêcheurs sont loin de la rive; — « Mes enfants, avez-vous quelques petits poissons à manger?

— Non.

— Jetez les filets au côté droit de la nacelle et vous en trouverez... »

Le filet, cette fois aussi, menace de rompre sous la charge.

« — C’est le Seigneur 1 » Pierre se jette à la mer; il y a de la braise sur le rivage et des poissons mis dessus avec du pain: « — Venez et mangez.» Elles disciples sont là, le cœur gonflé d’émotion, interdits, n’osant lui demander : « Qui es-tu?... » car ils voient bien que c’est le Seigneur. Alors Jésus prend du pain et des poissons, et leur en donne; puis : • — Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci?...

— Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime!

— Pais mes agneaux ! *

Et trois fois la même question, jusqu’à ce que Pierre attristé : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. »

Vis-à-vis de nous, un peu sur la droite, à l’orient.

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