‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 150 sur 199 · LE CARMEL · texte numérisé non relu

LE CARMEL

Samedi, 16 mai 1848. Couvent du Carmel. — Hier soir, le cri des chakals pour nous endormir, le gémissement plaintif de quelque oiseau de nuit, et la chanson de Babylone murmurée à demi-voix dans les tons mineurs, avec des ritournelles que varient chaque fois des nuances à peine saisissables. Notre chanteur veille jusqu’à deux heures, Bétùni lui succédera. Qu’il dorme debout, traversé par le fusil d’ Antonio; qu’il dorme roulé dans sa couververture : c’est tout un. Nous voici dans le pays des larrons. Hier, entre Naplouse et Djennin, trois mauvais drôles ont dévalisé un colporteur. — A deux heures Bétùni commence la veillée; chevaux et mulets sont attachés par un licol à deux longues cordes tixées en terre. L’aube parait ; il manque un cheval : celui de Jeannette; il était placé

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