‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 158 sur 199 · LE BÉLUS · texte numérisé non relu

LE BÉLUS

chevelure; Richard conduisait les Croisés à Jaffa. Une flotte chargée de munitions les accompagnait; au milieu de l’armée s’avançait le char qui portait l’étendard de la guerre sainte; la marche était difficile; les chrétiens, chargés d’armes pesantes, ne faisaient que peu de chemin ; les Sarrasins les harcelaient en avant et en arrière, des insectes venimeux les piquaient, la route se faisait difficile, et lorsqu’un pèlerin rendait le dernier soupir, les troupes, qui l’ensevelissaient au lieu même où il venait d’expirer, poursuivaient leur chemin en chantant les hymnes des morts. Le vent devait, comme aujourd’hui sortir d’une fournaise, le ciel être obscurci d’une vapeur jaune, la mer avoir ces accents désolés.

Nous passons à gué le Kisçon,- plus loin le Bélus qui vient à la mer en traçant des méandres gracieux. Des mariniers avaient fait du feu sur le sable, vers son embouchure; le feu éteint, on trouve une composition brillante, transparente : le verre ; on vint longtemps le faire à l’embouchure du Bélus.

Saint-Jean-d’Acre s’avance dans les eaux, sur une langue de terre que de ce côté elle couvre entièrement; elle a une longue ceinture de murailles, de vieilles tours ruinées qui sortent de la mer, des minarets , des coupoles et des maisons à toits plats. Quelques cavaliers arabes galopent sur scs plages; quelques pauvres femmes enveloppéiis de pièces de toile bleue, errent près de ses murs; quelques Égyp-

Page 1