‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 161 sur 199 · LE SCHEEOCHROUE ET LE OUAR-OUAR · texte numérisé non relu

LE SCHEEOCHROUE ET LE OUAR-OUAR

tenl des pommes d’or, leurs fleurs éloilées nous envoient de suaves arômes, il en sort des oiseaux enchantés, le Schekourrouk bleu de roi, aux ailes frangées de noir; le Ouar-Ouar aux ailes d’azur avec le corps jaune d’or. Les jachères sont couvertes d’un tapis d’immortelles bleues à cœur blanc. Nous retrouvons ici notre bagage et nos Mùkres sur leurs ânes, soufflant dans leurs narguilehs comme des baleines. La saison est trop avancée pour que nous nous hasardions à passer la nuit dans les plaines que baigne la mer, nous laissons la fontaine de Ras el JSakhora derrière nous, pour gravir une petite montagne qui trempe son pied de craie dans les flots.

Nous y voici. D’un côté la mer bat la côte rocheuse, elle se brise entre les écueils; de l’autre, elle court le long des lignes basses de la côte. Devant nous : une large tenture de nuages, qui noircit de plus en plus; elle vient de s’enlr’ouvrir, le soleil couchant parait comme un œil de feu sous une large paupière, maintenant de grosses gouttes de pluie commencent à tomber, le tonnerre roule dans le lointain, la pluie augmente à mesure que le ciel se dégage, le rideau de brume se colore, il passe à l’orange, au pourpre, les horizons reculent, et sous le bas du rideau qui se relève, nous soupçonnons l’ infini.

Pltvi tard. — L’orage se déclare. Seuls sur noire

l'orage.

pic, enveloppés de ténèbres, nous entendons la mer qui gronde autour de nous; le tonnerre se promène dans les deux, de temps en temps un éclair splendide partage l’obscurité. Cela est solennel, on a presque peur; et, puis tout près, le grillet qui cbante, cent , insectes qui jouent de leurs instruments aigus sous quelque feuille de sauge ou sous quelque branche de bruyère, nous ramènent au doux sentiment du bonheur domesti(|ue et de la protection de Dieu.

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