‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 164 sur 199 · RAS EL AÏN · texte numérisé non relu

RAS EL AÏN

pour galoper par-dessus les landes, et s’arrêter aux bons endroits.

A mesure que nous avançons, les décombres se multiplient: rocher coupé droit, pierres taillées; on sent qu’il y a eu là un centre de richesse et d’activité.

Nous arrivons au village de Ras el Ain : trois réservoirs antiques, au fond desquels jaillissent des sources vives, et qui versent des’ rivières à la mer.

Ni les siècles, ni les milliers d’années, n’ont mordu sur ces énormes constructions de pierre et de ciment; les réservoirs contiennent aujourd’hui comme au temps de la gloire de Tyr, des masses d’une eau profonde , qui n’a pas cessé de les remplir, qui n’a pas cessé de couler. Les aqueducs tombent en ruines, leurs arceaux disparaissent sous les ronces qui les embrassent, sous les lierres qui s’y suspendent; Tyr a été raclée, Alexandre l’a jetée tout entière dans la mer pour en faire la digue qui relie l’île au continent; mais les réservoirs sont debout, leurs entonnoirs versent les sources aux moulins qu’a fait construire Ibrahim Pacha, et leurs canaux les transportent dans la plaine.

C’est une belle chose à voir que cette œuvre de paix restant seule de toutes les magnificences d’une ville , magnifique dans toutes ses œuvres.

Les réservoirs faisaient probablement siphons, maintenant ils mettent en mouvement les sept roues

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