‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 166 sur 199 · NAR EL KAMIF.II · texte numérisé non relu

NAR EL KAMIF.II

un vieux pont jette son arche d’une rive à l’autre, derrière se découpe sur le ciel un antique réservoir, les troupeaux de vaches descendent des montagnes dans la vallée, quelques familles de moissonneurs sont assises autoiir d’une cabane de fouillée, à l’entrée du pont. Des voyageurs, deux derviches indiens, u n prêtre grec, des cavaliers arabes passent la nuit au-dessous de nous, dans les murs d’un Han abandonné : tout cela est très beau ; voici de riches journées; eh bien! je ne sais ce qui m’arrive, mais je ne puis tirer trois idées de ma cervelle. C’est justement pour cela que j’écris huit pages. Je me prends les pattes dans la glu, les mots me fuient, je me soucie d’écrire mon journal comme de m’aller pendre. Je crois que c’est la faute de cette mer houleuse qui vient nous chercher pour nous jeter dans une plus terrible tourmente.

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