SAREPTA
— « Ne crains point, fais comtne lu dis, mais ftiism’en premièrement un petit gAteau ei apporte-lenioi; et puis tu en feras pour toi et pour ton fils; car ainsi â dit PÉternel, le Dieu d’Israël, la farine qui est dans la cruche ne manquera point, et l’huile qui est dans la fiole ne défaudra point, jusqu’à-ce que l’Éternel donne de la pluie sur la terre ! »
Nous cueillons quelques épis mûrs, en mémoire de la veuve.
A mesure que nous approchons de Sidon, les ruisseaux se multiplient, la plaine se couvre de jardins d’orangers et de plantations de mûriers auxquels se mêle un arbre dont la fleur et le parfum rappellent le lilas. De grands tamarisques ombragent la route. Une colline se redresse au bord de la mer; elle est couronnée de murailles et de tours : Sidon est là, derrière la colline. Nous traversons des bosquets de plus en plus verts. Les bananiers étalent leurs feuilles immenses et leurs régimes dorés, les épis de blé caressent de leur barbe les oranges qui pendent au milieu des feuilles vernies. Les plantes parasites s’attachent à chaque pan de muraille antique, étreignent et revêtent de leurs guirlandes chaque fontaine massive d’où se versent les eaux. Les maisons, bâties de vieilles pierres, s’entassent à notre gauche; les colonnes de granit sont couchées le long des fossés comblés qui servent de jardins. Les minarets, les mosquées, les constructions por-