‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 170 sur 199 · LE LIBAN · texte numérisé non relu

LE LIBAN

Jeudi, H mai 1848. Deir el Katnmar. — Si nous n’étions pas navrés, incapables de toute jouissance, ce serait une, admirable journée. Nous marchons sous un poids de ceut livres: douleurs domestiques, avenir plein d’angoisses; ah comme cela déracine! — Souffrirait-on autant, si les racines ne tenaient pas? Hélas je crois que plus la main de Dieu les tire, plus elles s’attachent aux roches de ce monde; elles se tordent , elles ne rompent pas.

Je ne me suis jamais sentie si étonnée des décrets de mon Dieu, si destituée de foi, si occupée de moi-même. Je regarde à ce que le Seigneur ôte aux miens , à tout ce qu’il peut m’ôter, je pleure ce qui n’est plus, je pleure ce qui n’est pas encore; je garde le nom de la piété, mais j’en ai renié la force. Si le Seigneur n’a pitié de moi , je ne servirai qu’à affaiblir celui que je dois fortifier.

Mais le Consolateur consolera. Il nous préparera

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