LADY STANIIOPE ET LE HABCHAND DE DAMAS
vont se perdant vers les lointains horizons, au milieu des troupeaux, avec les chants à grande portée des bergers sur les croupes voisines, avec des travaux simples et primitifs! Mais serait-ce pour nous chercher nous-mêmes, serait-ce pour nous retirer du combat, que Dieu nous a rachetés, nous, perdus? — Alors, mon Dieu, donne- moi un cœur; le mien ne vaut rien pour lu lutte.
Les abords du Liban sont pleins de grâce. Collines vertes derrière collines vertes, chacune portant sur sa tête quelque bois d’oliviers avec un village blanc qui rit au travers; dans les vallons, de l’eau, et avec de l eau de beaux platanes, des trembles, quelque vieille arche de pont noyée sous le lierre.
Ce matin, à notre droite, très près de nous : la résidence de Lady Stanhope. C’est un de ces coteaux, avant-postes du Liban, qui regardent la mer; il a devant lui l’étendue bleue, avec Sidon, ligne étincelante sur le rivage, et son château qui s’avance dans les flots. Quelques plans revêtus d’une exubérante végétation s’abaissent jusqu’à la Méditerranée; les ruisseaux, la rivière brillent çà et là. Un vieux mur couronne comme un cercle d’or la tête du coteau couvert d’arbres; les construclions de lady Stanhope apparaissent par les trouées. 11 est impossible d’imaginer un site plus riant, plus ouvert, plus à portée de la civilisation : on dirait une villa au bord de quelque grand lac.
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Le%onimel de la colline ainsi que Thabilation primitive, appartenaient à un chrétien de Damas; il avait bâti l’une, planté l’autre pour s’cn faire une retraite. Un soir, il voit déliter une caravane sur les lianes du coteau de Djoun. La caravane s’approche, elle s’arrête; on plante les tentes non loin de la demeure du marchand chrétien. Une dame descend de cheval et s’installe. Le négociant, moitié curiosité, moitié politesse orientale, accourt près d’elle et lui demande si elle ne lui fera point l’honneur de prendre le café chez lui : elle accepte.
La maison lui platt, les jardins aussi, la vue encore. Le café pris, la dame ne fait pas mine de partir : « Elle s’attend à ce que je l’invite à dîner,» pense à part lui le marchand; l’invitation est faite, elle est acceptée. La femme, les enfants, les serviteurs et les servantes, tout s’évertue : on sert. Le dîner mangé, la dame s’accommode sur un divan et fume.
— Ah ça! se dit le négociant, va -t- elle passer la nuit céans? Peut-être est-il d'usage en Euro{)e de retenir à demeure les gens qu’on prie à dîner. Et se tournant vers lady Stanhope : « — Madame, si ma maison a l’honneur de vous plaire, nous serons, ma famille et moi, bien heureux de vous y recevoir pour autant i|u’il vous conviendra.
— Votre maison me plaît si fort, que je ne la veux quitter de ma vie !...