‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 180 sur 199 · HH LA RELIGION DES DRL'SES · texte numérisé non relu

HH LA RELIGION DES DRL'SES

l’école, en présence de plusieurs enfants druses. Les Druses qualilient ainsi ce vizir: La souveraine intelligence. 11 descendra du ciel où il se trouve actuellement, et les fera tous rois et princes; le reste des hommes sera réduit en esclavage.

Les Druses croient à la métempsycose: l’âme passe du méchant riche au pauvre, du pauvre honnête au riche. Il n’y a pas d'autre jugement (|ue celui-là, pas d’autre avenir que le règne du Visir et de ses adhérents.

Les Druses se divisent en initiés et en non-initiés. Les inités seuls ont un culte, le reste vit dans la superstition et l’idolâtrie. Les initiés se réunissent toutes les trente nuits dans une habitation, ordinairement placée sur un coteau, ou sous un arbre vert'. M. *** ne sait pas en quoi consiste le culte, il pense que la lecture des livres sacrés en fait la base. Les femmes sont admises à l’initiation.

Les Druses n’ont qu’une femme. Ils font divorce avec une extrême facilité, mais ils ne peuvent pas reprendre l'épouse qu’ils ont une fois répudiée.

Et maintenant nous descendons, nous descendons en face de cette mer, de cette plaine, de ce Liban

^ « Et vous saurez que je suis rÉtcrnel, quand les blessés à mort d’entre eux seront parmi leurs dieux infâmes, autour de leurs autels, tout cofflau haut élevé, sur tous les sommets des motitagmes, sous fout arbre vet't, et sous tout chêne brancha , qui est le lieu au({uel ils ont fait des parfums de bonne odeur à tous leurs dieux infâmes, n (Ézdehiel VI, 13. — Ésale LVll, 5, 7. — Jérémie II, 20. — O.sée, IV, 13.)

Digiti. by Coogit

LP.S Ml'RIERS DU LIBAN.

Splendide; nous passons près des genêts en llcurs, près des buissons de myrte; nous passons sous les bois de pins jetés çà et là sur la pente, et nous voyons la mer au travers de leurs colonnes déliées. Des couvents latins, des couvents grecs, de beaux villages couronnent les cimes de la chaîne; quelques palmiers s’épanouissent derrière; les terrasses montent de la base aux derniers sommets, plantées de mûriers, d’oliviers, de figuiers et de caroubiers; ces feuillages si divers heurtent leurs belles teintes sur le fond de la mer, et le Gebel Süimin , blanc de neige, regarde, perdu dans ses frimats, les magnificences de la végétation.

Dans les villages qui se pressent à mesure que nous descendons vers Beyrouth, s’élèvent à côté de chaque habitation des huttes de cannes. On les dresse pour le moment de l’éducation des vers à soie; les vers ne passent que liuit jours dans la maison : ces huit jours écoulés, on les établit sous la hutte. Les paysans ne cueillent pas la feuille du mûrier, ils taillent la branche tout entière, de sorte qu’il ne reste à l’arbre que le tronc avec le moignon. La pousse, disent-ils, en est plus prompte et plus riche. En effet, des mûriers taillés depuis une semaine, se couvrent déjà de verdure.

Ce qui émerveille les agriculteurs de la caravane, c’est de voir manœuvrer la charrue dans les étroites terrasses, entre les oliviers et les miniers. La plus III. 29

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