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LES HABONITES ET LES DRUSES

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conservé leurs fusils et leurs pistolets à long manclic ciselé; nous en rencontrions chaque jour portant l’un en bandoulière, les autres à la ceinture; les Maronites au contraire se sont vus dépouillés; mais la mesure allait être complétée par l’influence du consul, quand les événements de France ont tout arrêté. Les armes ici constituent plutôt une distinction morale, qu’une supériorité effective.

Les Druscs sont beaucoup plus inoffensifs qu’on ne les fait ; les Maronites sont bien moins intéressants. Ce sont ces derniers qui ont commencé la dernière guerre, ce sont eux qui de notoriété publique ont commis les plus grandes atrocités. On a enflé leurs pertes, comme on s’est exagéré leurs vertus : ils ont eu mile hommes tués dans leurs affaires avec les Druses, pas un de plus '. Ils passent, non pas auprès des gens prévenus, mais auprès de tout le naonde, poqr vantards et peu courageux. Qu’il y ait un délit dans la Montagne, cinquante.

' A l’heure qu’II est , heure de paix , n'exlste-t-il pas à Paris un honorable comité qui se fait envoyer trois fois par mois la relation des cruautés commises par les Druscs sur les Maronites pendant la dernière décade; comité dont l'argent, en Syrie, n’eat occupé qu’à cette œuvre d'imagination. Notre consul reçoit de France , sur l'état de la Montagne , des nouvelles qui le feraient rire si elles n’avaient leur contre-coup fâcheux dans le Liban. — Pourquoi tant de messieurs, pourquoi tant de belles dames qui ont des larmes à verser sur les soulTrances illusoires des Maronites, qui ont une grande influence à leur consacrer, s'inquiètent-ils si peu des chrétiens des protinces tur(|iics? Ceux-ci pourtant s'y courbent par milliers sous une oppression réelle, sous des exactions dont personne ne parle. Serait-ce parce (|ue personne n’en parie?...

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cenl délations maronites arriveront à Beyrouth; pas une délation druse; on n’en a jamais obtenu.

Maintenant la montagne est tranquille ; il y a fort à parier que si l’on avait moins parlé d’elle au sein des chambres, elle l’aurait toujours été.

Quant à l’influence étrangère dans le Liban , elle ressemble à l’influence étrangère en Grèce. Qu’une puissance arrive avec des vaisseaux de guerre et beaucoup d’argent, l’influence lui est acquise; qu'une autre puissance vienne, qui ait, et plus de vaisseaux, et plus d’argent, l’influence est à elle, jusqu’à ce qu’une troisième s’en empare, par le seul l'ait d’un chiffre i)lus élevé de vaisseaux et d’argent.

Lors de la dernière guerre , les Maronites avec l’Émir Béchir se tournèrent vers Ibrahim contre la France; ils allèrent demander des fusils aux Anglais : les Druses n’en reçurent pas un. Pourtant le désarmement n’était pas opéré alors, et les Maronites possédaient autant de moyens de défense que les Druses.

Les couvents donnent à eux seuls plus de travail à notre diplomatie, que les plus grosses questions. Les moines, qui ne voient que l’intérêt de leur maison , s’étonnent fort qu’à la moindre dispute avec les Druses où avec les Turcs, la France leur proiec- Irice, ne les pruléfjc pas à coups de canon ; tout prêts d’ailleurs, à se jeter dans les bras de la première

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