NOS TENTES
de trois tentes. L’une ronde, verte, abritant les cantines, les bagages, Antonio, Louis, et notre cuisinier Habib. L’autre modeste mais gentille , appartenant à Jeannette. La troisième carrée, petite, chef-d’œuvre de Gandillüt, que nous ont prêté mon frère et ma belle-sœur. Il y a deux ans , elle s’étendait sur eux dans ce môme désert.
Nos chameaux, qui avaient été brouter quelques plantes épineuses, sont revenus à la nuit tombante. Chaque Bédouin a fixé au coup de sa bête un sac plein de fèves — deux litres environ; — on n’entend plus que le bruit des mâchoires qui broient avec solennité.
Habib établit ses casseroles sur les charbons ; les
Bédouins forment des cercles autour des feux. Nous
allons nous asseoir sur le sable, à quelque distance,
pour nous voir être heureux. Nous ouvrons notre Bible, nous lisons un de ces Psaumes qui calment l’angoisse, parce qu’ils ont été écrits dans l’angoisse; mon mari prie. Pouvoir s’appuyer sur la foi de son mari, grâce entre toutes!
Dieu nous a exaucés ; nous sommes pleins de confiance, résolus à nous livrer entièrement à sa direc» tion, certains qu’il mène le monde et qu’il ne nous chargera pas au delà de nos forces, sachant qu’il garde ceux que nous lui avons remis en partant. Au fond de notre tristesse, il y a de la joie ; par-dessous nos inquiétudes, il y a de la paix.