LE DÉSERT RU TEMPS DE MOÏSE. BS
d'atBour? n’est-oe pas le même Dieu qui nous met à l’étroit , pour nous forcer, ingrats que nous soro? mes, de regarder à lui; puis, qui nous voyant accablés, qui nous voyant près d’entrer dans la lice, nous envoie aussi de l’ombre, des sources fraîches, les joies de la famille, un moment de liberté?
Le désert, à l'époque du voyage des Israélites, devait contenir bien plus d’eau qu’i| ne nous en montre à cette heure. Le peuple ne ci'ie que deux fois au sujet de l’eau ; l’Éternel ne transforme que deux fois les rochers en fontaines : l’une en Horeb, l’autre près du mont Hor.
Lorsque Moïse , berger de Jéthro son beau-père , quitte Horeb après en avoir reçu l’ordre de Dieu, il met sa femme, ses deux enfants sur un âne, et s’apprête à traverser ainsi le désert; il n’aurait pu le faire s’il n’eût été certain d’y trouver de l’eau chaque soir. Maintenant , les chameaux seuls franchissent le grand désert. L’on ne s’y hazarde avec un âne ou avec un cheval , qu’en faisant porter leur provision d’eau par un dromadaire; encore l'âne cl le cheval meurent-ils assez ordinairement.
Nos Arabes nous disent que le désert est inondé dans le temps des pluies. Nous le voyons bien; les Ouadis ne sont que des lits de torrents , qui portent partout les traces de l’abondance et de l’impétuosité des eaux. — Ils nous disent en outre, qu’en cas de pluies extraordinaires, les sources se déversent en
LE SERBAL.
ruisseaux et qu’on rencontre de l’eau dans tous les creux.
Il n’était pas plus difUcile à Dieu de faire pleuvoir, qu’il ne lui est difficile de préparer chaque jour les événements naturels qui amènent la chute des Royautés et la naissance des Républiques ; ce fait rentre dans la catégorie des miracles latents, plus merveilleux peut-être que les autres.
Le Serbal apparaît si glorieux dans l’auréole d’or du soleil couchant, ses lignes sont si hardies, il commande de si haut toutes les vallées, que je me demande parfois si le Sinaï aura cette grandeur, si le Sinaï ne serait point ce roi des montagnes que je vois siéger là, dans sa majesté! J’envoie promener mon doute, mais il revient toujours.
Puisque Dieu permet que les lieux les plus chers au cœur chrétien soient enveloppés d’un brouillard, de telle sorte qu’on ne peut dire de telle ou telle place : « C’est ici ! ou, c’est là ! » n’est-ce pas que le temps est venu où l’on ne doit plus adorer le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem, mais où les vrais adorateurs l’adorent en esprit et en vérité?
Aujourd’hui, pour la première Ibis, nous buvons à notre soif. — Boire à sa soif, dormir à son sommeil, manger à sa faim ; trois problèmes qu’on résout rarement au désert.
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