‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 24 sur 199 · UNE MISSION PABMI LES BÉDOUINS · texte numérisé non relu

UNE MISSION PABMI LES BÉDOUINS

OU mieux le saucisson; on goûte aux dattes qui sont excellentes. Nous prions Embarrak d’accepter un talari pour sa petite fille, et nous offrons à sa mère trois mouchoirs d’indienne. La mère d’Embarrak m’embrasse tendrement : * — Dieu te bénisse ! Kater-herak enti ! » Je n’ai vu que ses deux grands yeux, mais son accueil restera fixé dans notre mémoire.

Quand je regarde vers les horizons embrasés de l’Europe, le désert me semble bien beau, les palmiers d’Ouadi Feijran bien verts, ses sources bien pures, et les Bédouins les créatures les meilleures et les plus sympathiques du monde. Alors je bâtis aussi ma masure sous ce dattier, je conduis l'eau dans ce carré de sable, j’y plante des concombres, des radis, des fleurs, je me lève à l’aube, je travaille de mes mains, je rattache les pampres de la vigne, j’arrose, et le soir, assis devant notre maison , pendant que nos chevreaux s’ébattent devant nous, nous rendons grâce à Dieu... Oui, mais à quoi servons-nous'?... Ah! Dieu ne veut ni de ces stériles contemplations, ni de ces prières qui trompent la conscience ! Dieu ne veut pas qu’on tourne visage à ce traïn de guerre qui fortifie nos âmes : Pas d’égoisme chrétien.

Robinson affirme qu’une mission évangélique serait ici possible; qu’elle serait facile. Nous le pensons. Les Bédouins ne sont pas fanatiques, ils croient

Page 1