‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 29 sur 199 · IIN DIMANCHE AU SINAÏ · texte numérisé non relu

IIN DIMANCHE AU SINAÏ

Dimanche, 26 mars 1848. — iNotre culte de ce malin avait une gravité particulière. Du fond de notre cœur nous répétions avec Israël: « Nous ferons toutes les choses que l’Éternel a dites'. » Oui, et quarante jours après, Israël fondait le veau d’or ! La montagne fumait encore, mais les yeux d’Israël s’y étaient vite aceoutumés; son cœur retournait à l’Égypte.

Nous visitons l’église, très ornée, peinte à neuf; les chapiteaux des colonnes, différents les uns des autres, sont d’un ancien style. Les frères nous montrent dans une chapelle reculée, la place où Moïse s’arrêta devant le buisson ardent. « Tu diras ainsi aux enfants d’Israël, Celui qui s’appelle /e suis, m’a envoyé vers vous !... » Encore notre nature prise sur le vif. — « Us ne me croiront point, ils n’obéiront point à ma parole!... » Et quand Dieu lui a manifesté sa puissance par deux miracles : — « Hélas, Seigneur, ni d’hier, ni d’avant-hier, je ne suis point un homme qui aie la parole aisée, même depuis que tu as parlé à ton serviteur, car j’ai la bouche et la langue pesantes!...» — « Qui a fait la bouche de l’homme?... va donc maintenant, je serai avec ta bouche...» — « Hélas! Seigneur, envoie, je te prie, celui que tu dois envoyer !...'»

Fausses excuses, faux prétextes ! et puis, que l’É-

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• Exode XXIV, 3.—* Ibid. HI, 4.

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