UN DIMANCHE AU SINAÏ
ternel nous pousse dans nos derniers relranchements : refus naïf, « Envoie je te prie celui que tu dois envoyer. — Oui Seigneur, que ton œuvre s’accomplisse, je ne demande pas mieux, je prie même tous les jours pour cela ; que ton Évangile soit annoncé au près et au loin , qu’il y ait des chrétiens qui t’offrent leur corps en vivant sacrifice, que ton règne vienne Seigneur, et que ta volonté se fasse... mais qu'elle ne se fasse pas par moi ; laisse-moi jouir tranquillement de la piété que je me suis accommodée; ne me demande rien d’extraordinaire; Envoie Seigneur, celui que tu dois envoyer. — Pourtant, Moïse est devenu l’un des plus grands serviteurs de Dieu. S’il faut que nous soyons poussés par les épaules dans le droit chemin, pousse-nous y Seigneur, sans écouter nos sophismes.
Nous nous promenons longtemps dans les jardins du monastère. Cette jeune verdure m’a par enchantement transportée dans le jardin de la maison paternelle ; j’en aurais pleuré ; être si éloignée , et bien plus peut-être que je ne le pense! — Laissons cela, Dieu fera ce qu’il jugera bon.
Les grenadiers se couvrent de leurs bourgeons rouges, les figuiers de leurs premières feuilles et de leurs petites figues; quelques pommiers sont en fleurs... il y a une année, ceux de Valleyres l’étaient aussi; et lorsqu’en revenant du village, j’ouvrais la porte du verger, que celte gloire du printemps in’ap-