LES ISRAÉLITES AC DÉSERT DE PAR AN
pauvre bête a été tuée et partagée avant que nous en sussions mot.
Les conserves de Marseille fournissent à notre nourriture : un potage fait avec des tablettes de bouillon, une boite de bouilli ou de veau, une autre de légumes qu’on met fans les ouvrir dans une casserolle, le mischmisch le café à l’eau quand il fait froid : voilà notre diner. Le matin, du riz et du café noir; maigre pitance. Le dimanche on ajoute des marrons rôtis.
Hélas, dans ce même désert, un peu à l’orient, Israël criait: « Qui nous fera manger de la chair*!..» Pauvres gens ! ils n’avaient pas de conserves de Marseille et nous, nous crions aussi et nous nous
révoltons. — * 11 nous souvient des poissons que nous mangions en Égypte sans qu’il nous en coûtât rien, des concombres, des melons, des oignons, des poireaux et des aulx*! » — Viande ou manne, la nourriture que nous donne Dieu nous satisfait-elle jamais ?
L’Éternel s’irrite; alors Moïse, pressé des deux côtés; du côté des Israélites rencontrant les reproches, du côté de l’Éternel la colère : « Est-ce moi, qui ai conçu tout ce peuple, ou l’ai-je engendré, pour me dire: Porte-le dans ton sein, comme une nourrice* !... »
* Abricots secs. — * Nombres XI, 6. — ^ Ibid. 5- — ^ Ibid. 12,