UNE QUERELLE AVEC LES TIABS
Notre homme au moudioir jaune est là, il y est meme flanqué de l'individu en chemise blanche, qui a couru furieux à la citadelle. 11 se lient sur l’arrière plan pendant que nous déjeunons. Nous nous levons; il s’approche de Caavaja Antoiin. La discussion commence.
Les trois chameaux tiahs, gardés par le grand Tiah blanc, sont agenouillés en face des trois chameaux taouaralis, gardés jpar Emharrak, Behi et Tahem. [..'homme au mouchoir jaune est un gaillard tanné, à barhe noire et pointue, à nez d’aigle, avec un regard farouche qui ne se fixe nulle part. Son compagnon, bien découplé, a la mine plus franche, mais non moins rude. Nos chami liers tiahs, tous témoins du contrat |>assé avec leur scheik, tous consentant, se tiennent prudemment à l’écart, muets, immobiles comme des mannequins. Le sapajou que Hyde nous a donné pour scheik, va s’abriter derrière un chameau. 11 y va plus armé que jamais de son mousquet, de son nez en Irom pelle et de son large poignard. Je suis étonnée qu’il ne porte pas un canon en sautoir par-dessus le marché.
La contestation se renferme dans les bornes d’une politesse recherchée; mais elle est vive. Une demiheure se passe à pérorer ; petite voix, grosse voix, tout échoue. Enfin, le drôle en mouchoir jaune prend lentement la grande sacoche de mon mari, et se dirige vers les chameaux tiahs. Ânionio la reprend gravement et la replace derrière lui. — On continue.