‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 48 sur 199 · UNE QUERELLE AVEC LES TIAIIS · texte numérisé non relu

UNE QUERELLE AVEC LES TIAIIS

Pendant qn'Anlonio, toujours froid et cérémonieux, lire à part le Tiali blanc; le Jaune, sans qu’il s’en aperçoive, reprend la sacoche et va la poser sur son dromadaire. En un bond, mon mari, qui commence à perdre patience, est à ses cotes; il saisit fortement la sacoche et la vient mettre derrière Antonio. Cela se fait sans une parole : mon mari ne prononce pas un mot ; le Tiah se lait, n’en regarde pas plus droit, et reste impassible. Le crescendo va son train. Habib, la douceur même, vient trois fois, les manches retroussées, sa casserole en main, lâcher aux Tiahs son argument en plein visage. Louis sent sou sang bouillir. Le groupe se rapproche des chameaux taouaralis. Mon mari se tient prêt; Jeannette et moi, debout vers le brasier éteint, nous regardons un peu émues. Antonio va jeter à terre son tarbousch, il va paraître dans toute l’horreur de ses mèches noires : les yeux llamboyanls, les dents étincelantes;.. mais non, il est trop en colère pour se livrer à ce mouvement oratoire.

Tout à coup, le grand Tiah blanc montre les chameaux : — « Si nous ne pouvons les avoir par les paroles, nous les aurons par les armes! >

En un saut. Antonio est dans la tente; il saisit son sabre : — « Puisqu’il faut mourir, mourons!... » — Mais il faudrait bien un quart d’heure pour défaire les agrafes qui retiennent le beau sabre dans le bel étui de maroquin rouge.

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