LE SOIR AD DÉSERT
Le Tiah jaune à nez d’aigle, s’en est allé. Sa conscience le point; il sent bien qu’il n’y a pas de bakschich à espérer du terrible Franc, et il va probablement vexer la caravane qui nous suit.
Hier au soir, le ciel était brillant d’étoiles; la nouvelle lune qui se couchait, a laissé quelques secondes son croissant se poser sur la croupe de la monlagne; le feu des Tiahs jetait ses reflets sur leurs ligures sauvages. Nous nous promenions en savourant cette belle soirée. » Les cieux racontent la gloire du Dieu Cort, et l’étendue donne à connaître l’œuvre de ses mains. »
Antonio a veillé jusqu’à dix heures avec nos Arabes. Ils le prennent pour un Turc, et lui ont demandé ce que ces chrétiens viennent faire dans le désert ? pourquoi ils y dépensent leur argent ? s’ils sont fous ?
— Ces chrétiens viennent visiter les lieux saints, la montagne de Moïse. — De là, toute l’histoire de ' Moïse et de ses miracles devant Pharaon. Les Arabes l’ont écoutée en répétant : « Loué soit DieuL.t» "• Voilà donc un jour paisible, heureux; et ce jour, ' oserai-je dire que je l’ai passé presque tout entier i ' à songer de prairies, de chants de grillets, de sapins n en fleurs avec leurs petites pommes rouges attachées en grappes énormes au bout des branches à ces fleurs qui laissent, quand on les secoue, tomber une pluie de pollen doré sur les longues mous-