LB LONG DU RÊNE
figures chéries de nos parents; il en résulte une tension douloureuse.
Mais nous serrons fortement la main de notre Dieu, nous savons que cette main couvre ceux que nous .'limons. Nous prions aussi, — pas assez, — nous prions pour notre Église libre du canton de Vaud, pour notre Église de France. Nous demandons à Dieu d’arracher de notre cœur ces racines d’égoïsme qui retiennent le pied et qui font regarder en arrière ; nous sentons que le temps de se dépenser soi-même est venu. Seigneur, qui nous l’enseignera si ce n’est toi?
OUADI ES SERAF.
Vendredi, 7 avril 1848. — Les Tiahs ne donnent pas de lèves à leurs chameaux; ils se contentent de les mener paître le matin à l’aube, et le soir encore. — Les Taouarahs marchaient tout le jour ; ceux-ci, qui ne vont guère à pied, s’accroupissent derrière les bagages , et poussent d’autant leurs bêtes.
Le désert est plus mouvementé, plus vert , plus fleuri qu’à l’ordinaire. Les Ouadis étroites, couvertes d’un sable fin, sont émaillées de fleurs violettes, jaunes, rose pâle. De grandes ombellifères dont le feuillage est déjà desséché, s’élèvent dans les larges plateaux. Le rouge coquelicot s’épanouit çà et là parmi les brins d’une herbe à tuyau maigre, dont l’épi barbu ondoie sous le vent. Un gros orchis jaune, ou plutôt une orobanche monstre, sort de terre tout en fleur.- Cela ne fait pas une végétation brillante; le sol reparaît au travers de ces pauvres