‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 67 sur 199 · SEPT JOURS DB QUARAMTAINE · texte numérisé non relu

SEPT JOURS DB QUARAMTAINE

« — 11 faut y rester sept jours. La quarantaine est de sept jours. On a reçu de Constantinople des ordres sévères, qui la fixent à sept jours. — »

Sept coups de massue qui nous tonabeut sur la tête! Nous restons un moment sans parole; enfin, nous sortons de notre accablement. — Sept jours! Mais c’est impossible!... Avec des prières, avec des Bakschichs, il y aura moyen de les réduire?

— Nous n’avons qu’une clian(;e, c’est qu’en considération de la Pâque, du nombre des pèlerins, on se relâche un peu de la rigueur.

La tristesse nous écrase; nous sommes découragés ; nous sommes ingrats. Il nous semble que les contrariétés que nous avons éprouvées, que la quarantaine qui nous attend , que tout, jusqu’à cette tempête du Tih qui nous repoussait loin de Jérusalem; il nous semble que tout est un signe de la désapprobation de Dieu.

Peut-être, à cette heure, devrions-nous être en

France, en Suisse! Peut-être pleurerons-nous

éternellement ce voyage! — Le projet n’en a-t-ii pas été formé devant Dieu, soumis jusqu’au dernier jour à son approbation? Dieu ne nous a-t-Il pas laissés partir?...

Étions-nous parfaitement sincères? Je puis me tromper, mais il me semble que oui. — En tout cas, où en serions -nous, s’il fallait pour obtenir une grâce du Seigneur, nous appuyer sur notre droiui. il

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ture? où en serions-nous, si Jésus ne se montrait qu’envers le juste, abondant en gratuité?

Nous ouvrons notre Bible, et nous y trouvons cette parole: « Remets tes affaires à l’Éternel, il affermira tes desseins *. » — Seigneur, merci 1 Notre dessein est de faire ta volonté ; tout rebelles que nous sommes en détail, dans le fond du cœur nous voulons être obéissants. Tu es riche eu moyens, tu es riche en délivrances, tu nous exauceras.

Hélas! d’autres que nous, angoissés, — et ils en avaient le droit, — ont passé par ce chemin de montagne. Jacob y marchait solitaire, pénétré de regrets, quand il fuyait la colère d’Ésaù. David y marchait dans la crainte , alors qu’il se réfugiait chez les Philistins contre la haine de Saül. Mais celui qui en a suivi les détours avec le cœur le plus brisé , c’est Âbraham ; Abraham , alors que sur l’ordre de l’Élernel, il montait à Morijah pour y sacrifier son fils.

« Abraham 1 » Et il répondit : « Me voici. » Et Dieu lui dit : « Prends maintenant ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et t’en va au pays de Morijah, et l’offre là en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai’!

Sur ce sentier, près de ces puits, s’avançaient un vieillard, un enfant, deux serviteurs, l’âne chargé

* Proverbe», XVI. 3. — * Genèse, XXII.

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