‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 68 sur 199 · HÉBRON · texte numérisé non relu

HÉBRON

du bois du sacrifice. — Le vieillard allait offrir en holocauste son fils, son unique!... Il n’avait pas murmuré, il n’avait pas même répondu : il avait obéi! Ah! c’est qu’une certitude vive reposait en lui, qui lui donnait cette force surhumaine : « l’Éternel y pourvoira! » Et l’Éternel y pourvut.

En Morijah, la Jérusalem d’aujourd’hui, l’Éternel, une seconde fois, y a pourvu. Là où son bras avait arrêté le couteau d’Abraham; Lui, le Père, a donné, son fils, son unique... il y « pourvu!

Le Dieu qui a si magnifiquement pourvu à notre incapacité de nous sauver, ne pourvoira-t-II pas magnifiquement encore à notre incapacité de le servir?

Nous traversons une vallée plantée d’oliviers et de vignes, nous gravissons un dernier col, et voici, au fond de ce val couronne de sommets rocailleux , appuyée contre le flanc de la montagne, grise comme le ro(,her, noyée dans un bois d oliviers, une pelouse verte arrivant jusqu’à ses murs : l’antique Hébron, la ville d’Abraham, la ville de David.

On dirait quelqu’une de ces vieilles gravures qui remontent au temps des premiers pèlerinages.

Hébron I tout le cœur est ému; il bat comme sî Ton allait trouver là des frères, des temples au Seigneur, un peuple de chrétiens. Des gardiens turcs nous arrêtent sur la pelouse; les minarets, les coupoles des mosquées s’élancent au milieu de la cité biblique.

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