‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 69 sur 199 · LE DIRBCTEDB DU LAZARET · texte numérisé non relu

LE DIRBCTEDB DU LAZARET

Nous campons sur une esplanade verte, à côté d’un lazaret en construction : mauvais signe. Pendant qu’on va chercher le médecin, nos gardes tracent en galoppant autour de nous un cercle infranchissable : moment d’angoisse Le médecin est

absent, il ne reviendra que demain; mais voici le directeur du lazaret. C’est un gros petit Turc en redingote; il s’avance, flanqué de trois officiers sanitaires ornés d’un pied de barbe, et roulant entre scs doigts le chapelet traditionnel.

— Combien dure la quarantaine ?

— Sept jours.

— Cela n’est pas! cela ne peut pas être! Voilà plus de vingt-cinq jours que nous marchons dans le désert! Si nous avions la peste, elle nous aurait tués dix fois.

— Je le regrette, Caavaja, mais les ordres sont sévères. Nous ferons de notre mieux pour adoucir l’ennui de la quarantaine.

— Votre gouvernement est un imbécile!

Antonio se dispense d’interpréter. L’officier, qui croit que mon mari lui adresse quelque chose de flatteur, salue. '

1 — J’attends des nouvelles de mon pays, de mes

parents; mon pays est dans une situation grave: n’y ' aura-t-il donc pas moyen de diminuer cette absurde quarantaine?

— Je le voudrais! Tout ce qu’on peut faire, c est

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