‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 70 sur 199 · SI DIEU LE VEUT · texte numérisé non relu

SI DIEU LE VEUT

de compter le jour de l’arrivée et celui du départ.

Nous sommes à mardi, vous partirez lundi de grand matin.

— C’est quelque chose; mais dites à votre gouvernement!...— \ntonio me jette un regard lamentable, je passe mon bras sous celui de mon mari, je l’entratne vers la tente, et le pauvre Turc salue à nouveaux frais.

En -combinant notre affaire avec Antonio, nous voyons qu’un jour nous suffira pour aller à Jérusalem; nous y serons lundi soir... si Dieu le veut:

— ces mots prennent de la réalité en voyage; — il n’y aura donc que trois jours de perdus. Nous expédions un courrier à Jérusalem, il y prendra nos lettres; peut-être les recevrons-nous après-demain jeudi; un jour plus tôt que si nous avions poursuivi notre route sans obstacle.

Le Seigneur ne nous a pas exaucés comme nous l’entendions, mais il nous a exaucés. Son nom soit ' • béni.

On nous donne deux surveillantsquenous payons, • • que nous nourrissons , et qui ne doivent pas nous t - -

predre de vue ; l’un à poste fixe, l’autre itinérant, afin ' : '

que nous puissions nous promener dans la campagne.

Mon mari remet ses lettres au courrier, on le prie de les jeter à terre, on les saisit avec des pincettes, on les fumige, on les transperce; si nous < pouvions rire, il y aurait de quoi.

MAHHÉ.

Le lien du campement est admirable, sur une belle pelouse, au milieu d’un cimetière, avec la ville à trois pas, adossée contre la montagne, encadrée par les oliviers. Le bruit des voix d’enfants, l’aboiement des chiens, toutes les rumeurs des grandes cités, arrivent jusqu’à nous, gens du désert.

Mercredi, \'l avril 1848. — Nous voici donc assis à la porte de notre tente, comme l’était Abraham lorsqu’il vit venir les trois anges. « Qu’on prenne, je vous prie, un peu d’eau, et lavez vos pieds-, reposezvous sous un arbre, et j’apporterai un morceau de pain alin de fortifier votre cœur, ensuite vous passerez outre, car c’est pour cela que vous êtes venus vers votre serviteur. Et ils dirent : Fais ce que tu as dit’. »

Cela se passait dans les plaines de Mamré qui est en Hébron*. Les uns plaçent les plaines devant la ville, ici même. Burkhardt, je ne sais pourquoi, les met à l’orient d’Hébron. Il est impossible d’en fixer le point précis. Elles étaient en Hébron, nos yeux embrassent toute la vallée d’Hébron. Ces tro's, dont l’un était ï'Éteriiel, se sont peut-être arrêtés sous un olivier pareil à ceux que nous voyons verdir contre la ville, ou qui, un peu derrière nous, couvrent de leur ombre une terre fraîchement labourée.

> Genèse, XVIII. — « Ibid. XIII.

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