‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 81 sur 199 · LES ÉTANGS DE SALOMON · texte numérisé non relu

LES ÉTANGS DE SALOMON

décharnés, la bonne terre s’éparpille dans les vallons, qui contiennent quelques champs. Avec des bras, il y aurait encore des oliviers, des vignes, du blé; mais la stérilité s’assied à côté de la solitude.

Voici une forteresse, voici trois réservoirs. La forteresse date du temps des croisades, les réservoirs sont les Étangs de Salomon, L’historien Josèphe parle de constructions de ce genre, entreprises par Salomon; la tradition applique à celles-ci le nom du roi. Ces derniers restes d’une grande civilisation et d’une grande puissance, demeurent presque intacts au milieu des montagnes désolées. Les réservoirs qui se versent l’un dans l’autre, s’étagent en tête de la vallée, remplie à l’heure qu’il est de champs verdoyants et de bosquets de citronniers. Un aqueduc amenait aux réservoirs des eaux abondantes; ils les conservaient pour les arrosages de l’été; c’est l’admirable système des lacs artificiels, dont parle l’auteur du Plan inclinéK L’aqueduc, en outre, alimentait les fontaines de Bethléem et de Jérusalem ; il subsiste encore et transporte la source à Bethléem, mais en évitant les réservoirs qui ne reçoivent à cette heure que l’eau de pluie : le premier en contient un assez grand volume, les autres sont presqu’à sec; le troisième, que nous mesurons, a trois cent soixante pas de long sur quatre-vingts de

> M. Auguste de Gasparin.

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