I.A TRADITION
siècle; ils contredisaient quelquefois la Bible, d’autant mieux qu’ils se contredisaient habituellement eux-mômes. Prenez saint Chrysostome, prenez tel autre, parcourez leurs œuvres, vous y verrez la même opinion tour à tour attaquée et défendue avec la même foi, avec la même autorité. S’ils ont altéré les vérités évangéliques, ils ont dû altérer certains faits, très involontairement, — je ne veux pour preuve de cette sincérité dans le mensonge, que les récits des premiers pèlerins, qui voyaient des choses impossibles; — mais très certainement.
Je retourne à la Révélation, je m’y tiens, et je répète qu’à Jérusalem elle s’est attachée à nous préserver du culte des pierres. 11 l'aut un dessein prémédité de l’Esprit qui l’a dictée, pour clfacer à ce degré toute indication. — Un homme qui raconterait un événement contemporain, spécifierait les localités dix fois pour une ; il ne le voudrait pas, qu’il le ferait : les détails s’échapperaient de sa plume, surtout s’il s’efforçait, comme les évangélistes, de rendre vivantes les scènes qu’il rapporte. Un miracle constant de l’Esprit, a donc pu seul enlever au récit sacré ces traits qu’on rencontre dans tous les récits humains. Lisez la passion du Sauveur, l’institution de la sainte Cène, les épisodes ele la vie de Jésus; vous ne trouverez pas un mot qui puisse vous faire dire de telle place, de telle colonne, de telle maison : c’est celle-ci! Voilà le livredecesapôtres qu’on nous peint.
LA TRADITION
bien contrnirement à ce que nous révèlent les Actes, comme animés d’un si profond respect pour la localité. Ce sont là les hommes qui ont dressé leurs prosélytes à la vénération de Golgotha et de la Voie douloureuse. C’est par eux, qui ont affecté de garder sur ces emplacements un silence absolu, étrange, un silence que l’intervention du Saint-Esprit explique seule tant elle contrarie les habitudes de notre esprit; c’est par eux qu’on prétend connaître le plan de la Jérusalem évangélique; c’e.st d’eux qu’on veut le tenir 1
Et, après avoir avalé cette énormité, on reçoit du quatrième siècle toutes les créations fantasmagoriques qu’il lui plaît d’inventer pour alimenter le zèle des pèlerins; zèle que ce simple mot, « Je ne sais pas , » aurait vite abattu.
Ah ! moi aussi, j’aurais du bonheur à pouvoir me dire : Ici , à cette place même, Jésus s’est tourné vers Jérusalem ; ici, sur celte pierre même. Il s’est assis ! Je voudrais me traîner à genoux partout où II a passé! j’éprouverais des émotions puissantes alors 1 je sentirais mon cœur près de se rompre ; je croirais peut-être aimer le Seigneur pour avoir été si
fortement remuée et je me tromperais probahle-
ment beaucoup. Pourtant, je me sens moins avide de sensations que de vérité. Tout ce qui n’est pas vérité, est mensonge; cela a l’air très simple; si simple qu’on l’oublie. Tout mensonge, même le