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mensonge innocent — qualilication diabolique — mène à la mort; et je ne veux pas la mort, je veux la vie.
Nous passons devant le château de David ; l’antique tour d'Hippicus, qui prit, sous les Croisés, le nom de tour des Pisam. Il est majestueusement assis sur ses fondations juives : blocs saillants qu’on ne retrouve que dans lu muraille de la ville. Elles ont un caractère profondément spécial ; caractère qu’on remorque dans l’architecture de tous les grands réservoirs; physionomie à part, dont les tombeaux taillés dans le roc offrent le type.
Beaudouin y assiégea sa mère Mélisende, régente du royaume et femme de Foulques.
Après le château de David, le couvent Arménien; nous le trouvons sur notre chemin, nous y entrons. C’est une véritable ville : logements pour les pèlerins, jardins, église resplendissante de lampes, d’or, d’argent, d’airain et do marbre. Le moine qui nous guide, nous montre le fauteuil de saint Jacques, frère du Seigneur, il est magnifiquement orné.
— Vraiment, saint Jacques se servait de ce siège?
Le frère ne répond rien; probablement parce qu’il ne comprend pas. Il nous fait voir des livres imprimés au couvent. Nous lui demandons s’il a l’Évangile. Non! — Missa! missal — Toujours la messe.
LE TOHBBAD DE DAVID. i'il
— Bisogna slampàre il Vàngelo, poi lèggerlo, poi dàrlo, poi mètterlo nel cuore !
Il nous regarde, rit un peu, et nous répond : — Si, si... noi stampiamo la missa ; anchesanto Ephrem.
Ces bons frères hébergent les pèleHns, en reçoivent quelques dons, vivent tranquillement dans une oisiveté complète, sortent (|uand ils veillent ; et s’imaginent faire ainsi leur salut.
Plus loin, nous voyons les loges des lépreux rangées le long des murailles; ils mendient aux portes de la ville, et se retirent le soir dans leur quartier; ils s’y marient entre eux. La lèpre dont ces malheureux sont atteints, sorte de décomposition, fait tomber les membres l’un après l’autre.
Le tombeau de David se trouve près de là ; la mosquée abandonnée qui le contient, s’élève, selon la tradition, sur l’emplacement de la maison où le Seigneur mangea la dernière Pâque. Hypothèse en l’air. L’I^criture ne dit rien là-dessus, si ce n’est que les disciples arrivés près de la ville, rencontrèrent un homme qui portait une cruche d'eau, qu’ils entrèrent après lui dans une maison, et qu’ils y préparèrent la chambre haute'. D’après la tradition, ce serait réunis dans le même édilice, que les apôtres virent descendre sur eux les flammes du Saint- Esprit. — « Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils
' Luc, XXII.
lA VILLE AMIODB.
étaient tous d’un commun accord dans m même lieu. » Nous ne savons rien de plus.
Le tombeau de David est enseveli sous terre, on n’en voit qu’une imitation : bloc énorme, allongé, taillé comme un prisme. — Du temps des apôtres, le tombeau du roi prophète était connu : « Mes frères, je puis bien vous dire avec assurance suivant le patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son sépulcre est encore aujourd’hui parmi nous*. > La tradition peut donc ici dire vrai.
Il est un fait qui anéantit la plupart de ses assertions : la Jérusalem actuelle, s’élève sur les toits de la Jérusalem antique. — Il y a quelques mois à peine, en creusant les fondations d’un couvent, on a rencontré les ruines d’une église du temps d’Hélène; on trouve à fleur de terre des sommets de voûte; notre rue coupe l’arc supérieur de trois portes. On voit en de certains endroits les décombres monter le long des murs; ils ont presque comblé quelques ' vallées; ils cachent et recouvrent, peut-être à une grande hauteur, le pavé des réservoirs.
En longeant la muraille qui couronne Morija, nous avons à nos pieds la vallée de Josaphat, à notre ' droite le village de Siloé, le tombeau d'Absalom, les pierres sépulcrales du cimetière juif, le chemin qui se dirige vers Béthanie en suivant les racines du mont
1 Actes II, 28.
LA POHTB DOn^E.
des Olives, et celui qui traverse directement la montagne pour se rendre au même village. — Le Seigneur l’a sans doute pris souvent; c’est de là peut-être que le jour des Rameaux, au milieu de la multitude qui le bénissait, il pleura sur Jérusalem. « Et lorsqu’il approchait de la descente de la montagne des Oliviers, toute la multitude des disciples, transportée de joie, se mit à louer Dieu à haute voix, pour tous les miracles qu’ils avaient vus.... et lorsqu’il fut proche de la ville, en la voyant, il pleura sur elle et dit ; Oh ! si tu avais reconnu, au moins en ce jour qui t’est donné, les choses qui regardent ta paix, mais maintenant elles sont cachées à tes yeux ! Car les jours viendront sur toi, que tes ennemis t’environneront de tranchées, et t’enfermeront, et te cerneront de toutes parts. Et ils te détruiront entièrement, toi et tes enfants qui sont au milieu de toi, et ils ne te laisseront pierre sur pierre, parce que tu n’as point connu le temps auquel tu as été visitée. »
La porte dorée du temple reste murée dans la muraille qui entoure el Aram; on nomme ainsi l’emplacement occupé par les trois mosquées d’Omar, d’el Aksa, el A’el Magharibeh. La partie supérieure de la porte : deux chapiteaux, sont presque intacts; ils n’ont pas le caractère Juif, mais plutôt celui de l’architecture à demi Sarrasine du temps des croisades. ^ Les musulmans croient que les chrétiens entrant par cette porte, les chasseront de Jérusalem.
LA PORTE SAI^iT-ÉTIE^N£.
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Le Paralytique était couché vers la porte du temple nommée /« Belle, lorsque Pierre le guérit: « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche! » L’impotent marche, la multitude loue l’Éternel, et Pierre lui annonce que cet homme qu’elle a livré, qu’elle a crucifié, c’est le Prince de la vie, c’est le Fils de Dieu'.
Je ne sais si cette porte est la Belle; mais ce que je sais bien, c’est que le Saint-Esprit a toujours la puissance de changer la lâcheté en courage.
Quelques pas à droite nous amènent devant un grand réservoir extérieur, dont la tradition a fait l’étang où Marie lavait les langes du Sauveur.
Voici la porte Saint-Étienne. C’est par cette porte que saint Étienne sortit pour être lapidé, — dit la tradition. — La Bible répond par ces simples mots : « L’ayant traîné hors de la ville, ils le lapidèrent*. »
Tancrède et les seigneurs qui l’accompagnaient, enfoncèrent cette porte à coups de hache, pour se précipiter dans la ville. Ils étaient là tout près de la mosquée d’Omar, qu’ils changèrent en une cuve de sang.
Oh ! comme il me larde d’en avoir fini avec ces illustrations profanes, d’en avoir fini avec la critique, de pouvoir, laissant là les opinions des hommes —
‘Actes, in. — Wiirf. VII, 58.
BKTHESDA.
les miennes comme les autres — ne plus penser qu’à mon Sauveur !
Le réservoir de Bélhesda s’ouvre derrière la porte Saint-Étienne. Les savants veulent y voir un fossé; nous y voyons un carré long, dont la terre éboulée et les arbustes cachent lu profondeur, et dont les parois portent par places des plaques d’enduit, ce qui indique sa destination : retenir les eaux. Le réservoir de Bélhesda avait cinq portiques : celui-ci n’en a que deux. Il était situé près d’une porte, la porte des brebis; celui-ci est situé près de la porte Saint- Étienne, disent les uns, des brebis ou des poissons, disent les autres.
€ — Veux-tu être guéri?
« — Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans *le réservoir quand l’eau est troublée, car pendant que j’y viens, un autre y descend avant moi.
« — Lève-toi, prends Ion petit lit et marche' ! » — Or c’était un jour de sabbat ; à cause de cela les Juifs cherchaient à le faire mourir, et non-seulement parce qu’il avait violé le sabbat, mais encore parce qu’il disait que Dieu était son propre père, se faisant égal à Dieu.
La Voie douloureuse s’ouvre ici, au bout du chemin qui monte de Gethsémané. Le prétoire s’élève au
milieu , on se croit certain de son identité : c'était
‘Jeau, V.
LE PRÉTOIHE.
le palais du gouverneur ; une caserne en occupe l’emplacement. — Mois le Soigneur n’a pas été d’abord conduit chez Pilate, on l’a mené chez Anne, beau-père de Caïphe; et la tradition place la maison de Caïphe d’un côté tout opposé, sur le mont de Sion, non loin de la mosquée qui renferme le tombeau de David. Ou elle se trompe ici, ou elle se trompe là.
Vers le prétoire, on montre un arceau moderne ; c’est là que Pilate aurait présenté Jésus au peuple : Ecce homo. On montre l’endroit où Véronique essuya te visage du Seigneur! On montre l’endroit où une pierre, atteignant Jésus, poussa sa tête contre le mur — le mur est ici fortement entaillé! — On montre le coin de la rue où Simon qui reve-^ nait des champs, fut contraint de porter la croix du Christ! Que ne montre- 1- on pas? la maison du mauvais riche et celle du pauvre Lazare, bien plus belle que la première; quelque part dans la ville, la pierre qui a crié quand Jésus faisait son entrée triomphale. « Je vous dis que si ceux-ci se taisent, les pierres mêmes crieront’. »
Non, Seigneur, tu n’a pas voulu que nous sussions si c’est par cette rue ou par une autre que tu passas chargé de la croix , plus lourdement chargé de nos offenses. Mais ici , sous ce ciel , sur ces col-
< Lue, XIX.
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