‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 95 sur 199 · LE JEUDI SAINT · texte numérisé non relu

LE JEUDI SAINT

les temps : « Je ne prie pas seulement pour eux ; mais je prie pour ceux qui croiront en moi par leur parole. » — Voilà ce qui se passait ici, à cette heure; et notre Sauveur prie encore, et le Saint-Esprit prie! Oh! que nous en avons besoin; oh! que cette prière continuelle de mon Sauveur est nécessaire à ma pauvre âme, légère, froide, éloignée des saintes impressions qui devraient la pénétrer! — Oui, à cette heure même, il me semble que je devrais pleurer mes péchés, il me semble que je devrais sentir une grande douleur; et mes yeux sont secs, et je ne sens rien que la honte de mon indifférence.

Plus tard, Jésus sort de Jérusalem, passe le torrent de Cédron, entre au jardin de Gethsémané. Là, sa passion, là son plus rude combat; et quand Judas arrive à la tête des soldats, avec des flambeaux et des armes. Jésus a déjà vaincu la mort! — Ce triomphe du Seigneur devait éclater d’une bien royale manière sur son visage, puisque à ce seul mot si simple : « C’est moi, » les soldats reculent et tombent prosternés.

Alors le Fils de Dieu se laisse lier. Il se laisse traîner de Caïphe à Pilate. Alors, dans cette nuit froide, peut-être par un vent semblable à celui que j’entends souffler et siffler par les rues désertes, Pierre, assis près du feu, Pierre qui se chauffe avec les ennemis de son maître, tandis que Jésus est interrogé, est souffleté, Pierre nie d’avoir connu cet homme!

LE lEVDI SAINT.

Et le coq chante; et Jésus, se tournant, regarde Pierre; et le cœur de Pierre se déchire, il sort pour pleurer, pour pleurer amèrement.

N’aurais-je pas des pleurs amers à verser, moi qui ai si souvent renié mon Sauveur, qui l’ai renié pour ne l’avoir suivi que de loin, comme Pierre?

nier au soir M. Gobât nous a réunis : c’était le jour où le temple nouveau devait être consacré; le paquebot qui apporte les papiers nécessaires n’est pas arrivé, il a fallu renvoyer cette cérémonie touchante. — En ce jour nos frères d Europe, d’Amérique, d’Asie, présentaient des requêtes à l’Éternel pour l’église de Jérusalem ; nous éprouvions le besoin de nous joindre à eux. Il y avait là des représentants de plusieurs communions évangéliques, agenouillés à côté les uns des autres, dans un même esprit, dans un même amour. — On a lu les saintes Écritures, on a prié, on a chanté, en anglais, en allemand, en français et en hébreu ; en hébreu pour un Juif prosélyte qui recevra demain le baptême. Je ne comprenais pas l’hébreu, pas l’allemand, guère l’anglais, mais nous comprenions tous que le Seigneur était au milieu de nous, et que nous étions m en lui.

Cette communion des frères, à Jérusalem, est une grande promesse.

Il y a eu des cérémonies dans les églises grecques et romaines ; on a lavé les pieds des pèlerins, on a

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