‹ Journal d'un voyage au LevantChapitre 96 sur 199 · LE JEUDI SAINT · texte numérisé non relu

LE JEUDI SAINT

béni le saint chrême; notre cœur est trop dissipé pour l’éloigner encore, par de tels spectacles, des pensées qui seules devraient l’occuper. Nous ne pourrions y assister sans être froissés; l’esprit de critique n’est pas ce que nous venons chercher ici. Hélas! j’y venais chercher le Seigneur, et j’ose à peine dire qu’à part le moment ou Jérusalem nous est apparue, qu’excepté quelques impressions étouffées à leur naissance, je ne l’ai pas trouvé. Quelle preuve que le Seigneur ne se tient ni ici, ni là, mais que son oreille est près de tous ceux qui l’invoquent!

Vendredi saint, 21 avril 1848. — Ce matin de bonne heure, notre courrier de Beyrouth nous apporte des lettres. Bonnes nouvelles de nos parents, mauvaises de la France; l’abîme va s’agrandissant entre les promesses et la réalité. Plus de travail, plus de confiance, plus d’argent; trois cent mille ouvriers trompés, excités, sans ouvrage. Mon Dieu, aie compassion! On ne trouve plus un sou, même pour fournir aux dépenses de première nécessité; celte horrible gêne se fait sentir jusqu’ici. Nous espérons atteindre Marseille à l’aide de ce qui nous reste. Les impôts sont doublés... au moins si cela donnait du pain à quelqu’un. Pas un mot de la candidature.

Dés le matin, notre âme suit les dernières scènes

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