X .MiSEPH-RENE HKLLOT
milles a peu })rès du cap Bowden. Dans la nuit du 14 au 15, en quittant ce cap. on eut a tVancliir une crevasse de quatre pieds de large, ce qui se lit encore assez heureusement. La terre était a trois milles de distance ; Bellot propose d'y aller camper, et il essaye de s'y rendre dans le canot de caoutchouc ; deux fois repousse'' par une violente hrise de sud-est, il se décide a taire faire une tentative ])ar deux de ses compagnons, M. Ilarvey, le quartier-maître du North-Star. et M. Madden. Cette tentative réussit, et, une fois a terre, les deux hommes, qui s'étaient nnmis d'une corde, étahlissent entre le traîneau et la côte un va-et-vient, au moyen duquel trois objets purent être transportées ; un quatrième voyage allait être entrepris, lorsque M. Madden, qui était dans l'eau jusqu'à la ceinture, s'aperçut que la glace se mettait en mouvement, dérivant vers le haut, loin du bord. Bellot crie de lâcher la corde : une tentative peut encore être Aiite, un espoir reste, mais le mouvement de la glace est si rapide, qu'avant qu'on ait pris aucune mesure elle est déjà séparée de la côte ))ar une énorme distance. « Je gagnai alors un tertre ('levé pour les suivre de l'œil, dit M. 3Iadden dans sa déposition, et je les vis entraînés vers U\ haut du canal, loin de terre. Je veillai en ce lieu pendant six heures; mais je les perdis de vue au bout de deux heures. Ouand je cessai de les voir, les hommes étaient debout près du traîneau, M. Bellot sur le haut du glaçon. Ils paraissai(MU être sur une glace bien solide. En ce moincnl. le vent souillait avec lôrce du sud-est, et il neigeait V »
Ce glaçon mouvant (pinne brise bilieuse poussait ainsi
' On Iroiivera sur la ciirlc joiiilo ;iu Journal du i'Oijaije aux mms polaires de Bellol rindicalioii du lieu où se passait (Clle stt'ne, à peu de dislauce du ca|i Bowden, dans le canal \Vellini;t(»ii. Tue noiv si;inale ICndroil où a probalileinenl péri le vaillant orficier.
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vers le \um\ ('ni|HH'lai( le inalluMirciix Hcllol cl avec lui deux malclols. \N illiani Johnson el David llook. Après avoir essayé vaiiUMnenl de seniellreh l'abri sons la Icnic (jne portait leur liaineau. les trois lionnnes eomnicncèrent a se (ailler une maison dans la l'iaee a l'aide de leurs eouteaux. Mais laissons |)arler Johnson ; sa déposition est précise et néanmoins fort ((Mieliante :
<( )l. llellol . dit-il . s'assit une demi-heure et s'entretint avec nous sur le dant»er de notre position. Je lui dis que je n'avais pas peur, et que l'expédition américaine était poussée c'a et Ta dans ce canal par la glace. 11 répliqua : «Je le sais, <'t, avec la protection de Dieu, pas un clicveu ne tombera de notre tête. » Je demandai alors 'a 3!. Bellot (juelle heure il ('lail. 11 répondit : « Environ six heures et quart » (après minuit, du jeudi 18 ) : et alors il attacha ses livres et dit qu'il voulait aller voir conrment la glace tlottait. 11 était seulement parti depuis (juatre minutes, quand j'allai, pour le chercher, laire le tour du même glaçon ^ous lequel nous étions abrités; mais je ne pus le voir, et, en retournant a notre retraite, j'aperçus son bâton du côté opposé d'une crevasse d'environ cinq toises de large, où la glace était toute cassée. J'appelai alors M. Bellot. mais sans réponse. A cet instant, le vent soufHait très-torl. Je cherchai encore tout autour du glaçon, mais je ne pus (h'couvrir aucune trace de M. Bellot. Je crois <jue quand il sortit de la cachette le vent l'emporta dans la crevasse, et son paletot étant boutonné, il ne put nager pour revenir ii la surface.... » David lïook , l'autre compagnon <le Bellot , déposa (ju'avant la débâcle et la tentative de débarquement, (juehpi'un ayant dit qu'il sérail ])lus ])rudent de voyager au milieu (hi canal, Bellot, entendant ces paroles, reprit que les ordres donnés par M . Pullen reconunandaient de se tenir ]U'ès de la côte a droite , a d(Mix milles environ.